codedesuivi codedesuivi
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 19 mai 2011

VIENT DE PARAITRE AUX EDITIONS L'HARMATTAN

  NEUF POEMES
D’AMOUR


d’Eric GUILLOT


Dessins de Gaston-Louis Marchal

Préface de Françoise Urban-Menninger

 


ISBN : 978-2-296-54354-6 • 10 € • 60 pages


L'Harmattan Diffusion.pdf

dimanche, 11 janvier 2009

NAISSANCE DU JOUR - Par Eric GUILLOT

Naissance du jour, délivrance de la nuit

(Ces poèmes ont paru dans l'édition magazine CENTRE PRESSE
le dimanche 4 janvier 2009, sous le titre Le temps qui passe)

 

I - JOUR DE PLUIE

Ailes d’azur. Les oiseaux se sont envolés
Le petit frigorifique blanc bientôt ne fonctionnera plus
Eventail esthétique de ma solitude
Tandis que le jour se lève par un temps de pluie
Une rose tombe ses pétales
Sur la dalle froide des souvenirs
Il manque depuis longtemps une rime en « ir »
Dans tout ce dédale poétique
Mais le
puits enchanté le puits des jours anciens
Contient une quantité importante
De clés de sols, de montres, de fougères
De carillons, de charrues
D’inscriptions et d’arc-en-ciel à jamais perdus
Je me meurs de tant de regrets
Mes malles sont pleines

Soleil couchant.

(Madrid, 4 avril 2007)

II - LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe se noie dans une peau de chagrin
Tandis qu'un silence d'or envahit la petite maison
Un soleil radieux inonde la colline
A l'horizon perlé après une nuit de pluie
Soudain des oiseaux prennent leurs envols
Et livrent leurs magies dans un grand tournoiement d'ailes majestueuses
Au grand dam des « philosophies » contemporaines
Liberté, liberté tu planes au-dessus des villages et des métropoles
Comme dans une très belle toile de Marc Chagall
De l'époque de la Russie bolchévique
Avant même que n'existât
La terreur stalinienne et son Guépéou
Ô temps abominables
Et voilà des personnages qui apparaissent en apesanteur
Comme des lunes coupées
Dans l'étrangeté même des couleurs d'une enfance magique
Et volent, volent
Les amoureux au-dessus de la ville
Alors en pleine effervescence commença
La modernité du vingtième siècle
Dans cet envers du réel pour mieux
En mesurer l'intérieur des choses
Le pénétrable. L'objectivité naïve et poétique
Pareil à
Un veau qui regarde à travers le ventre de sa mère
Comme l'écrivait A travers l'Europe* Guillaume Apollinaire
En un bel hommage à
Rotsoge**
Ô couleurs de lumières ! Monde féerique
Ici même, la magie se prolonge et livre ses secrets
L'éternité de l'instant. Incommensurable.
Et le temps qui passe se noie dans une peau de chagrin.

* Calligrammes, 1918  - ** Surnom donné à Marc Chagall par le poète.

(Onet-le-Château, 30 avril 2007)


III - IL Y A

Il y a une étoile filante qui traverse le ciel d’août
Il y a des grillons qui chantent le soir tout près des maisons
et des vers luisants au pied d’un mur
Il y a la nuit qui s’achève et le jour qui renaît comme le Phénix.
Il y a mon amour en blanc qui boit l’eau fraîche d’une fontaine
dans le creux de ses mains
Il y a une montgolfière qui disparaît dans le ciel.
Il y a un soleil éblouissant qui inonde la colline d'en face
Il y a une charmante petite maison avec son jardin abandonné
Il y a un ruisseau qui chante et des poissons argentés
qui descendent le Verdobre
Il y a ces ruelles escarpées et un paysage naturellement verdoyant
aux senteurs de l’été
Il y a ce village qui m’emplit de souvenirs.

(Onet-le-Château, 20 octobre 2007)


OISEAU DE FEU

Oiseau de feu
Des lèvres d'Ophélia s'échappe un parfum de lilas
Le fil bleu du jour déborde du lit de la rivière
Où l'ondine en robe blanche glisse silencieuse le long du canal
Qui est ce voyageur descendu pour une nuit à l'Hôtel Samaritain ?
La géométrie des forêts camoufle judicieusement les jardins ouvriers
Mais où est donc passé le noble chevalier ?


LORIENT

La peau de l’aube soulevait une nappe brumeuse sur l’asphalte bleue du jour
Des orchidées étaient déjà sur les étals
Quand un homme pénétrant dans la gaze phosphorescente du fleuriste
En sortit avec un bouquet de jacinthes
Et s'achemina vers les prémices du bonheur et de l’amour prédestiné.
Non loin de là, dans un parc, assise sur un banc
Une jeune femme attendait, anxieuse
Cependant, son inquiétude s'intensifia au fur et à mesure que le temps passait.

Soudain, près du quai, un homme apparut et alla à sa rencontre
Le visage de la jeune femme alors s'illumina
Dissipant à jamais ses doutes.

Mais après une brève étreinte, la jeune femme parla longuement
Et en d'interminables explications
Leur histoire était dramatique.
Pourtant, rien n’était plus proche que leurs corps en perditions
Rien n’était plus beau, ni plus fort que leurs déterminations
Lorient, ce matin-là
Délivrait ses amours, ses peines et ses secrets
Sur un banc, près du quai, face à l'océan.


ECRITURE AUTOMATIQUE

Les rayons de lumière dansent sur l’étang bleu des rêves chimériques
Jonché sur les cimes arides du temps
Je vogue de saison en saison l’œil aux aguets
Tandis que les oiseaux-lyres décolorent les plumes des rapaces
Les chants sonores des engoulevents perforent mes tympans
Comme des figues terrassées par des boules de buis
Alors crevant de jalousie et fou de rage je transperce les molécules
A l'aide de mes stylos poulpes dans une offrande de coeurs palpitants
Où se lisent à livre ouvert des oraisons funèbres aux mains gantées de velours
Je suis assis sur la montagne des oasis
Les mangues se découvrent de leurs chairs savoureuses
Fraîches et chatoyantes comme une brise à l'envie
Ô délectations suprêmes, fruits défendus
Les mots retrouvent dès lors leurs origines sensitives
Et le bitume pourlèche les pneumatiques des véhicules sonorisés
L'arche de la forêt dévoile des nombres par une énigme impossible
A résoudre et offre un temple féerique aux visiteurs perdus
Les années s’écoulent au rythme propitiatoire
Las, je vogue du présent au futur
La lampe des fougères me guide à travers bois.

(28 décembre 2008)

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.