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lundi, 19 mars 2018

LE FACTEUR DU LEVEZOU DE JEAN DUPIN

Le facteur du Lévezou

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Jean Dupin signe son quatorzième roman.

L’histoire se déroule dans les années 60, dans le village de La Creyssie. Comme toute œuvre romanesque, celle-ci contient une large part de fiction, mais également une part de vécu. Car ne l’oublions pas : tous les romans de l’auteur ont pris naissance dans la région des hauts plateaux du Lévezou. Jean Dupin est né en 1936 et le virus de l’écriture l’a touché lorsqu’il a pris sa retraite de cadre supérieur dans les Postes. S’il habite Toulouse, c’est son Aveyron natal qui l’attire avec force surtout dans le village d’Arvieu où il revient très souvent. Et la Poste, Jean, il la connaît très bien. Tout commence, lorsque Jean Estivals, en pleine fenaison, quitte le fermier qui l’emploi, pour tenter et réussir le concours de facteur des Postes. Le voici propulsé à Paris « Mais à la ville, les comportements sont différents. On ne rencontre pas le facteur tous les jours. Bien qu’il soit très apprécié de la population, l’employé de la poste n’a pas les mêmes relations. A la campagne, la porte est toujours ouverte… Les contacts y sont plus libres. ». Aussi, le narrateur après quelques années de vie parisienne et après de bons et loyaux services, demandera sa mutation dans son Aveyron natal. Un inspecteur le reçut dans son bureau. Son vœu sera-t-il exaucé ? « Il ne rêvait pas. Il était nommé chez lui, au milieu des siens, dans le village de La Creyssie. »

Jalousies et ragots

Sa longue tournée quotidienne à travers les hauts plateaux du Lévezou s’effectuera à pied, quel que soit les conditions météorologiques. Plus tard une réorganisation s’avèrera nécessaire. « L’arrivée d’une 2CV couvrira un territoire de distribution plus vaste ». Jean Estivals était fier « d’être le premier facteur des environs à effectuer sa tournée en voiture. »

Si on regrette un peu trop de fluidité dans le premier chapitre de l’ouvrage, en revanche la deuxième partie du livre nous transporte dans l’espace-temps d’une liberté enfin conquise. Les pages de ce roman se suivent comme les tournées au quotidien du jeune facteur depuis son retour dans son village natal. Mais c’est compter sans les nombreux rebondissements que l’on découvre au fil de cette aventure : des jalousies mesquines, les ragots... Cependant, il y a la rencontre avec la douce Isabelle, les recherches de candidats en vue des élections municipales, ou encore ce drame survenu sur le lac, qui, contre toute attente, contribuera à réconcilier le paysan constamment irascible avec Jean Estivals. Le facteur du Lévezou est aussi une œuvre romanesque qui interpelle le lecteur où en guise de conclusion Jean Dupin écrit : « De nos jours, les outils modernes ont transformé le courrier. Le facteur n’apporte plus ni lettres d’amour, ni nouvelles de la famille et pourtant, c’est toujours avec impatience et plaisir que son passage est attendu. » Un merveilleux roman qui nous envahit d’émotion.

« Le facteur du Lévezou », 2018. Un volume de 262 p. (15 euros). Disponible à la Maison du Livre, à Rodez, à l’Espace Culturel à Sébazac-Concourès, à la Mazison de la presse à Pont-de-Salars, La Primaube et Sévérac-le-Château, à la librairie Caumes à Millau et Au Petit Bout d'Où à Arvieu.
Courriel : dupin.jean@orange.fr

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mercredi, 21 février 2018

ANDRE BRETON - BENJAMIN PERET

André Breton - Benjamin Péret :
une riche et exaltante correspondance

Aube Breton, fille du fondateur du mouvement surréaliste, a décidé de publier cette importante correspondance, comprenant des lettres des deux poètes à partir de leur première rencontre en 1920 et jusqu’à 1959, date du décès de Benjamin Péret.

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C’était convenu depuis longtemps : il y aura un Comité de secours américain pour venir en aide aux intellectuels et réfugiés politiques européens. Nombre d’entre eux n’ayant pas d’autres solutions que de fuir le nazisme ou la terrible dictature franquiste, sans oublier « la France du Maréchal » avec sa sinistre collaboration et ses lois antisémites. Aussi, de nombreux écrivains, poètes et artistes se retrouveront fin 1940, à la villa Air-Bel, à Marseille, en attendant de pouvoir s’embarquer pour l’Amérique. Un paquebot affrété par les soins de Varian Fry(1) était mis à leur disposition. C’est ainsi qu’en juillet 1941, après une escale dans les Antilles, André Breton débarque à New York avec sa femme Jacqueline Lamba et leur fille Aube. Benjamin Péret, quant à lui, arrive à Mexico, en janvier 1942, avec sa compagne Remedios Vera, peintre espagnole qu’il avait rencontrée à Barcelone en août 1936.

Courrier postal

En Amérique, la situation géographique ne permet pas à Breton et Péret de se rencontrer au cours de ces années d’exil. Le seul moyen de communication sera le courrier postal. Leurs séjours se prolongèrent respectivement jusqu’à 1946 et 1948.

Aube Breton a décidé de publier cette importante correspondance, comprenant des lettres des deux poètes à partir de leur première rencontre en 1920 et jusqu’à 1959, date du décès de Benjamin Péret(2). Même si le nombre de lettres de ce dernier est supérieur à celles d’André Breton, il s’agit d’une riche et exaltante correspondance et qui rend très précieuse l’histoire du surréalisme. Très éclairante aussi quant à l’existence souvent précaire que pouvaient subir, en Amérique, les deux protagonistes. « Je suis ici à peu près aussi isolé que dans une île déserte car je n’ai pas réussi à trouver un Mexicain avec qui il soit possible de parler » peut-on lire dans une lettre de Péret. Quant à Breton les rapports qu’il peut entretenir dans les milieux artistiques ou intellectuels new-yorkais sont quasiment inexistants. La difficulté première étant la barrière de la langue. Breton ne parle pas l’anglais et ne s’investira pas dans cette démarche. Pour autant, chacun de son côté poursuivra ses activités surréalistes.

En désaccord avec Neruda

A propos des peintres et poètes d’Amérique, sollicités pour collaborer à la revue new yorkaise, « VVV », André Breton souhaitant des textes de Pablo Neruda chargera Benjamin Péret de contacter le poète chilien. Quelques semaines plus tard, celui-ci répondit à Breton : « Je suis tout à fait en désaccord avec toi au sujet de Neruda. Celui-ci est un stalinien déclaré, ami de Siqueiros qu’il a fait évader(3)… » Neruda ne sera jamais contacté !
En 1942, André Breton organisera, avec l’aide de Marcel Duchamp, l’exposition First Papers of Surrealism. Dans la foulée, il rédigera la préface du catalogue : « Genèse et perspective artistiques du surréalisme » pour l’exposition de Peggy Guggenheim. En outre, l’auteur de Nadja ne publiera pas moins de sept ouvrages entre 1942 et 1945,. Quant à Benjamin Péret il écrira à son ami le 24 juin 1942 : « Je veux essayer de faire une sorte d’anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique latine du point de vue du merveilleux ». En novembre, il rédigera Dernier malheur, dernière chance. Enfin, le 10 décembre André Breton prononce à l’université Yale dans le Connecticut une conférence : « Situation du surréalisme entre les deux guerres ». Et en février 1945, Péret termine son manuscrit Le déshonneur des poètes.

« Très cher Benjamin - écrit André Breton, dans une lettre datée du 1er juillet 1945 - tu sais que si je n’écris pas, c’est dans la mesure même où il me tarde tellement de te revoir : ce revoir indéfiniment différé, une lettre devient pour moi une chose dont la platitude ne se mesure plus. » Et encore le 14 août 1946 : « Mon très cher Ami, Benjamin, tu ne peux savoir comme je t’attends. Tant que tu n’es pas là, rien ne s’éclaircit pleinement pour moi… Tu ne peux savoir à quel point ta position est forte à Paris dans la jeunesse. Les lettres des jeunes gens et d’inconnus s’accumulent sur ma table par centaines, voilà qui fixe encore mieux la situation actuelle que tout le reste… Que faut-il faire pour t’aider à revenir le plus tôt possible ? ».

Toutefois, de sérieuses difficultés financières empêcheront le retour de Péret en France. Il ne reviendra qu’au printemps 1948, après sa séparation avec Remedios.

Malgré l’éloignement, les nombreux voyages de Péret au Brésil, au Mexique, en Espagne, en Allemagne…, la profonde amitié qui liait ces deux auteurs d'exception fut indéfectible et dura près de quarante ans ! Toute une vie(4) sera consacrée à défendre les valeurs de libertés et a œuvrer pour une émancipation humaine. Un ouvrage passionnant.

Paul Tojean

(1) Varian Fry, né le 15 octobre 1907 à New York et mort le 13 septembre 1967, est un journaliste américain qui, depuis Marseille, a sauvé entre 2 000 et 4 000 Juifs et militants antinazis en les aidant à fuir l’Europe et le régime de Vichy.

(2) « Correspondance 1920-1959 » Editions Gallimard, Collection Blanche. Décembre 2017. 464 p. 29 euros).

(3) David Siqueiros (1896-1974), peintre muraliste mexicain. Vêtu en uniforme policier et se faisant passer pour un major, avait dirigé en mai 1940, un attentat contre Trotsky qui avait échoué de peu. Emprisonné, Siqueiros recouvre sa liberté grâce à Pablo Neruda, alors consul général du Chili au Mexique, mettant à disposition du peintre et de sa femme, un avion en partance pour la Havane à destination du Chili.

(4) « Toute une vie » est le titre donné à un des recueils de Benjamin Péret rendant un vibrant hommage à ses amis surréalistes, notamment André Breton.

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vendredi, 29 décembre 2017

DANIEL SAUVEPLANE

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DIMANCHE 24 DECEMBRE 2017

 consacrée à

Daniel Sauveplane

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dimanche, 03 décembre 2017

MONIQUE SAINT-JULIA

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DIMANCHE 26 NOVEMBRE 2017

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Monique Saint-Julia

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mercredi, 02 août 2017

REVUE

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DIMANCHE 31 JUILLET 2017

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