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dimanche, 08 juillet 2018

"MAINS" DE PATRICK DRUINOT

Les mains du poète

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« La poésie oscille entre tristesse et beauté » écrit Patrick Druinot dans l’avant-propos de son ouvrage. « Elle se doit avant tout, car elle en a les moyens, d’ouvrir l’esprit et la conscience de celui qui cherche. C’est une bonne idée que de la comparer à une main ouverte, d’où divergent et  convergent tous les arts. » Voilà pour la présentation de Mains, un recueil de poèmes que Patrick Druinot vient de faire paraître(1). Des siennes, justement, l’auteur nous offreun merveilleux oeillet, cette fleur qui symbolise la liberté : « Je tends la main/Au bon vent du destin/A ce manteau porté/Sur les épaules nues/Je tends la main/Devant tous les vertiges… Nos mains - théorise l'artiste - sont à la fois les clés de toutes créations, mais aussi le lien entre nous et l'autre, entre la vie et l'abolition de la peur. » A propos de créations, Patrick a présenté en 2016 et 2017, deux expositions de ses photographies à la médiathèque de Marignanne. Aussi, dans son élan, le poète nous entraîne vers les divers courants de la créativité, ouvrant les écluses à tous les possibles : « Une femme à son miroir/Semble se noyer en elle-même/Elle nous rappelle certains tableaux/ D’Edward Hopper/Dans l’embrasure/ De portes et de fenêtres ». Au cœur de la création, au cœur de l’œuvre picturale et avant même que nous puissions nous en rendre compte « Passe une fille altière/Invisible, claquant des pointes/Sur la toile écrue de l’instant/Près des estampes de Picasso/Qu’elle griffe d’un trait virtuel/Entre deux courants d’Art… Une poésie concise, ô combien séductrice et fascinante où l’art demeure le fil conducteur de cet opuscule pour le plus grand plaisir des lecteurs. Idéal pour ces vacances d'été.

Eric Guillot

Poète, photographe, éditeur, Patrick Druinot signe, avec Mains, son seizième ouvrage de poésies. Citons notamment Un peintre, un poète ; Dans la lumière des arbres ; Poésie Intuitive I ;Le Voyage est toujours possible...
Patrick Druinot est également le nouvel animateur du Salon du Livre à Arvieu (où il aime résider) et succède, à partir de cette 22e édition, à Michelle Bru.

 

POUR VISUALISER LA PAGE PARUE DANS CENTRE PRESSE,
DIMANCHE 8 JUILLET 2018

cliquez sur le lien ci-dessous :

08-07-18-CPR-RODEZ_CP-4-P. Druinot.pdf

dimanche, 29 avril 2018

LIVRE DE HUGUETTE DANGLES et HERVE DIJOLS

« Sète ouvre ses paupières »

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Après Persiennes entrouvertes (1986, préfacé par Denys-Paul Bouloc), L’été rassemble ses tilleuls (1991), Le chant des Sources (2009) et L’Encre vive de l’iris (2012), Huguette Dangles vient de publier son cinquième recueil de poésies : Sète ouvre ses paupières, (une ville qu’elle connaît très bien pour y séjourner régulièrement). L’ouvrage illustré par de très belles photographies d’Hervé Dijols est publié aux éditions niçoises « Pourquoi viens-tu si tard ? » (10 euros). La poétesse aveyronnaise qui possède un « cœur épris de liberté » nous conduit « Entre mer et étang… Dans un jeu de miroir » là ou « tremblent les ocres façades » et où « Le phare de Saint-Clair/berce d’un faisceau lumineux/sa belle endormie ». Elle nous assure à travers ses merveilleux poèmes, une visite des lieux emblématiques, tel Le Jardin du château d’eau, le cimetière du Py (ou repose Georges Brassens) et nous certifie que « Bercé de refrains nostalgiques/et de souvenirs/le petit cimetière n’est pas triste ». Il y a aussi le port et « les marins aux visages burinés », la place Aristide-Briand avec son kiosque et la Place du Pouffre qui sont à l’honneur.
Comme pour une peinture impressionniste, Huguette Dangles sait nous subjuguer avec sa palette de mots qui essaiment leurs couleurs à foison : « La mer s’étend fidèle, offrant sa robe bleue ou son manteau gris à la plage sertie de coquillages… Une aigrette s’éveille dans les bruyères roses, les flamants se rassemblent dans les étiers… ». Puis « Adossée au mur de rochers noirs/en guise d’oreiller/la mer s’est endormie/La dune offre sa poitrine/pour reposer ses rêves ». Et tandis qu’une déambulation le long des quais s’offre aux protagonistes, l’écriture se transforme en un effluve de romantisme : « Le vent entoure nos épaules/nous pousse fièrement/dans les quartiers de la ville/Un quadrant solaire/réchauffe la pierre/Il est l’heure d’aimer… Je garde sur les lèvres/un goût de sel/pour le dernier baiser » écrit l’auteure devant « l’étendue immuable/de la mer » et « les plages ensablées de désirs ».
De très belles poésies ou le lyrisme est à son apogée. L’ouvrage est disponible en librairie.

Eric Guillot

POUR VISUALISER LA PAGE PARUE DANS CENTRE PRESSE,
DIMANCHE 29 AVRIL 2018

cliquez sur le lien ci-dessous :

29-04-18-CPR-RODEZ_CP-4-MA3AV.pdf

 

lundi, 19 mars 2018

LE FACTEUR DU LEVEZOU DE JEAN DUPIN

Le facteur du Lévezou

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Jean Dupin signe son quatorzième roman.

L’histoire se déroule dans les années 60, dans le village de La Creyssie. Comme toute œuvre romanesque, celle-ci contient une large part de fiction, mais également une part de vécu. Car ne l’oublions pas : tous les romans de l’auteur ont pris naissance dans la région des hauts plateaux du Lévezou. Jean Dupin est né en 1936 et le virus de l’écriture l’a touché lorsqu’il a pris sa retraite de cadre supérieur dans les Postes. S’il habite Toulouse, c’est son Aveyron natal qui l’attire avec force surtout dans le village d’Arvieu où il revient très souvent. Et la Poste, Jean, il la connaît très bien. Tout commence, lorsque Jean Estivals, en pleine fenaison, quitte le fermier qui l’emploi, pour tenter et réussir le concours de facteur des Postes. Le voici propulsé à Paris « Mais à la ville, les comportements sont différents. On ne rencontre pas le facteur tous les jours. Bien qu’il soit très apprécié de la population, l’employé de la poste n’a pas les mêmes relations. A la campagne, la porte est toujours ouverte… Les contacts y sont plus libres. ». Aussi, le narrateur après quelques années de vie parisienne et après de bons et loyaux services, demandera sa mutation dans son Aveyron natal. Un inspecteur le reçut dans son bureau. Son vœu sera-t-il exaucé ? « Il ne rêvait pas. Il était nommé chez lui, au milieu des siens, dans le village de La Creyssie. »

Jalousies et ragots

Sa longue tournée quotidienne à travers les hauts plateaux du Lévezou s’effectuera à pied, quel que soit les conditions météorologiques. Plus tard une réorganisation s’avèrera nécessaire. « L’arrivée d’une 2CV couvrira un territoire de distribution plus vaste ». Jean Estivals était fier « d’être le premier facteur des environs à effectuer sa tournée en voiture. »

Si on regrette un peu trop de fluidité dans le premier chapitre de l’ouvrage, en revanche la deuxième partie du livre nous transporte dans l’espace-temps d’une liberté enfin conquise. Les pages de ce roman se suivent comme les tournées au quotidien du jeune facteur depuis son retour dans son village natal. Mais c’est compter sans les nombreux rebondissements que l’on découvre au fil de cette aventure : des jalousies mesquines, les ragots... Cependant, il y a la rencontre avec la douce Isabelle, les recherches de candidats en vue des élections municipales, ou encore ce drame survenu sur le lac, qui, contre toute attente, contribuera à réconcilier le paysan constamment irascible avec Jean Estivals. Le facteur du Lévezou est aussi une œuvre romanesque qui interpelle le lecteur où en guise de conclusion Jean Dupin écrit : « De nos jours, les outils modernes ont transformé le courrier. Le facteur n’apporte plus ni lettres d’amour, ni nouvelles de la famille et pourtant, c’est toujours avec impatience et plaisir que son passage est attendu. » Un merveilleux roman qui nous envahit d’émotion.

« Le facteur du Lévezou », 2018. Un volume de 262 p. (15 euros). Disponible à la Maison du Livre, à Rodez, à l’Espace Culturel à Sébazac-Concourès, à la Mazison de la presse à Pont-de-Salars, La Primaube et Sévérac-le-Château, à la librairie Caumes à Millau et Au Petit Bout d'Où à Arvieu.
Courriel : dupin.jean@orange.fr

 POUR DDECOUVRIR LA PAGE CLIQUEZ ICI : DIMANCHE 18 MARS CENTRE PRESSE

mercredi, 21 février 2018

ANDRE BRETON - BENJAMIN PERET

André Breton - Benjamin Péret :
une riche et exaltante correspondance

Aube Breton, fille du fondateur du mouvement surréaliste, a décidé de publier cette importante correspondance, comprenant des lettres des deux poètes à partir de leur première rencontre en 1920 et jusqu’à 1959, date du décès de Benjamin Péret.

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C’était convenu depuis longtemps : il y aura un Comité de secours américain pour venir en aide aux intellectuels et réfugiés politiques européens. Nombre d’entre eux n’ayant pas d’autres solutions que de fuir le nazisme ou la terrible dictature franquiste, sans oublier « la France du Maréchal » avec sa sinistre collaboration et ses lois antisémites. Aussi, de nombreux écrivains, poètes et artistes se retrouveront fin 1940, à la villa Air-Bel, à Marseille, en attendant de pouvoir s’embarquer pour l’Amérique. Un paquebot affrété par les soins de Varian Fry(1) était mis à leur disposition. C’est ainsi qu’en juillet 1941, après une escale dans les Antilles, André Breton débarque à New York avec sa femme Jacqueline Lamba et leur fille Aube. Benjamin Péret, quant à lui, arrive à Mexico, en janvier 1942, avec sa compagne Remedios Vera, peintre espagnole qu’il avait rencontrée à Barcelone en août 1936.

Courrier postal

En Amérique, la situation géographique ne permet pas à Breton et Péret de se rencontrer au cours de ces années d’exil. Le seul moyen de communication sera le courrier postal. Leurs séjours se prolongèrent respectivement jusqu’à 1946 et 1948.

Aube Breton a décidé de publier cette importante correspondance, comprenant des lettres des deux poètes à partir de leur première rencontre en 1920 et jusqu’à 1959, date du décès de Benjamin Péret(2). Même si le nombre de lettres de ce dernier est supérieur à celles d’André Breton, il s’agit d’une riche et exaltante correspondance et qui rend très précieuse l’histoire du surréalisme. Très éclairante aussi quant à l’existence souvent précaire que pouvaient subir, en Amérique, les deux protagonistes. « Je suis ici à peu près aussi isolé que dans une île déserte car je n’ai pas réussi à trouver un Mexicain avec qui il soit possible de parler » peut-on lire dans une lettre de Péret. Quant à Breton les rapports qu’il peut entretenir dans les milieux artistiques ou intellectuels new-yorkais sont quasiment inexistants. La difficulté première étant la barrière de la langue. Breton ne parle pas l’anglais et ne s’investira pas dans cette démarche. Pour autant, chacun de son côté poursuivra ses activités surréalistes.

En désaccord avec Neruda

A propos des peintres et poètes d’Amérique, sollicités pour collaborer à la revue new yorkaise, « VVV », André Breton souhaitant des textes de Pablo Neruda chargera Benjamin Péret de contacter le poète chilien. Quelques semaines plus tard, celui-ci répondit à Breton : « Je suis tout à fait en désaccord avec toi au sujet de Neruda. Celui-ci est un stalinien déclaré, ami de Siqueiros qu’il a fait évader(3)… » Neruda ne sera jamais contacté !
En 1942, André Breton organisera, avec l’aide de Marcel Duchamp, l’exposition First Papers of Surrealism. Dans la foulée, il rédigera la préface du catalogue : « Genèse et perspective artistiques du surréalisme » pour l’exposition de Peggy Guggenheim. En outre, l’auteur de Nadja ne publiera pas moins de sept ouvrages entre 1942 et 1945,. Quant à Benjamin Péret il écrira à son ami le 24 juin 1942 : « Je veux essayer de faire une sorte d’anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique latine du point de vue du merveilleux ». En novembre, il rédigera Dernier malheur, dernière chance. Enfin, le 10 décembre André Breton prononce à l’université Yale dans le Connecticut une conférence : « Situation du surréalisme entre les deux guerres ». Et en février 1945, Péret termine son manuscrit Le déshonneur des poètes.

« Très cher Benjamin - écrit André Breton, dans une lettre datée du 1er juillet 1945 - tu sais que si je n’écris pas, c’est dans la mesure même où il me tarde tellement de te revoir : ce revoir indéfiniment différé, une lettre devient pour moi une chose dont la platitude ne se mesure plus. » Et encore le 14 août 1946 : « Mon très cher Ami, Benjamin, tu ne peux savoir comme je t’attends. Tant que tu n’es pas là, rien ne s’éclaircit pleinement pour moi… Tu ne peux savoir à quel point ta position est forte à Paris dans la jeunesse. Les lettres des jeunes gens et d’inconnus s’accumulent sur ma table par centaines, voilà qui fixe encore mieux la situation actuelle que tout le reste… Que faut-il faire pour t’aider à revenir le plus tôt possible ? ».

Toutefois, de sérieuses difficultés financières empêcheront le retour de Péret en France. Il ne reviendra qu’au printemps 1948, après sa séparation avec Remedios.

Malgré l’éloignement, les nombreux voyages de Péret au Brésil, au Mexique, en Espagne, en Allemagne…, la profonde amitié qui liait ces deux auteurs d'exception fut indéfectible et dura près de quarante ans ! Toute une vie(4) sera consacrée à défendre les valeurs de libertés et a œuvrer pour une émancipation humaine. Un ouvrage passionnant.

Paul Tojean

(1) Varian Fry, né le 15 octobre 1907 à New York et mort le 13 septembre 1967, est un journaliste américain qui, depuis Marseille, a sauvé entre 2 000 et 4 000 Juifs et militants antinazis en les aidant à fuir l’Europe et le régime de Vichy.

(2) « Correspondance 1920-1959 » Editions Gallimard, Collection Blanche. Décembre 2017. 464 p. 29 euros).

(3) David Siqueiros (1896-1974), peintre muraliste mexicain. Vêtu en uniforme policier et se faisant passer pour un major, avait dirigé en mai 1940, un attentat contre Trotsky qui avait échoué de peu. Emprisonné, Siqueiros recouvre sa liberté grâce à Pablo Neruda, alors consul général du Chili au Mexique, mettant à disposition du peintre et de sa femme, un avion en partance pour la Havane à destination du Chili.

(4) « Toute une vie » est le titre donné à un des recueils de Benjamin Péret rendant un vibrant hommage à ses amis surréalistes, notamment André Breton.

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vendredi, 29 décembre 2017

DANIEL SAUVEPLANE

Découvrez la rubrique Poésie parue dans

CENTRE PRESSE

DIMANCHE 24 DECEMBRE 2017

 consacrée à

Daniel Sauveplane

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