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lundi, 09 août 2010

AURELIEN - Par Eric GUILLOT

AURELIEN

 

- Tais-toi ! dit la voix suprême envers son rejeton. Assujetti par les nombreuses remarques de son cercle et des convenances bourgeoises, le sujet ne voit pas plus loin que le bout de la lorgnette, qui selon les usages, correspond à la graduation du statut du grand-père qui fut - selon les dires de sa descendance – une importante personnalité. Aimant avec beaucoup de douceur, de raffinement et de tendresse les femmes de son entourage, il usa jusqu'à la prestance tant convoitée du baise-main et du rince-doigts. Aurélien, magistrat à la retraite et neveu de sept oncles actionnaires du Canal de Panama – arpentait quotidiennement les rues de la cité, à la rencontre, toujours imprévue, d’une femme élégante, aisée et distinguée. Cet aveu lui sera extorqué plus tard par le commissaire de police, lors d'un interrogatoire de routine au sujet d'une jeune femme retrouvée étranglée, sous un pont, non loin d'une porte cochère, jouxtant la cour d'une maison de maître, où, fâcheuse coïncidence, l'ancien magistrat résidait. Malheureusement, la police ne retrouva trace de l'assassin et le dossier de cette sordide histoire fut à jamais classé. L'ancien magistrat continua ses incessantes promenades à travers la ville désormais empoisonnée par les passions et les guerres intestines, mais nul ne comprit pour quelles raisons, l'âge avançant, ce notable partit subitement s'installer dans une nouvelle métropole...

 

Aurélien a paru dans le quotidien aveyronnais Centre Presse,
daté du dimanche 4 juillet 2010.

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

lundi, 05 juillet 2010

LA MAISON RIGNAULT - Poème d'Eric GUILLOT

LA MAISON RIGNAULT (A Rosy)


Dans les lacets du sentier conduisant au fleuve

Surgit au milieu des arbres et des ombres

A l'abri des regards

Le majestueux tombeau du légendaire Rignault

Ancien élève de Gustave Moreau

Peintre montmartrois, mécène et collectionneur d’art

Au coeur de la cité médiévale

Dans ce lieu de rencontre d’amis et d’artistes

La maison Rignault anciennement voisine de celle d’André Breton

Accueille les visiteurs

Des meubles emplissent les salons de cette vaste demeure
Où des collections étonnantes de mobiliers et d’objets d’art
Trônent parmi l’imposante table et les larges fauteuils
Devant la majestueuse cheminée de pierre
Des vitraux à chaque embrasure des fenêtres offrant calme et volupté
Invitent le visiteur à découvrir l’espace botanique jouxtant la maison
Comme les jardins suspendus de Babylone sur un éperon rocheux
Dans ce site romantique et poétique
Surplombant la courbe languide du Lot
Les deux jardins ombragés et ornés de grandes jarres
Ressemblent à un véritable conte des mille et une nuits
Ô terre des merveilles
                             ô galet de Saint-Cirq…

 

La maison Rignault a paru dans le quotidien aveyronnais Centre Presse,
daté du dimanche 4 juillet 2010.

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

samedi, 12 juin 2010

AU POINT DU JOUR

AU POINT DU JOUR

l'origine du monde.jpg
"L'origine du monde" de Gustave Courbet, l'un des plus beaux chefs-d'oeuvres qui célèbre la femme.


L’ATTENTE


Toute naissance est une création
Toute création est un mouvement perpétuel
Cet enfant que je vois enfin naître
Me fait songer à chaque fois aux poupées russes
A ce mouvement perpétuel
Comparable à certains tableaux de René Magritte
Et de Gustave Courbet
La première des créations
A l'origine du monde
Qui surgit d'entre les jambes de la femme
Est la plus belle histoire de l'humanité.
Et le trouble atteint son paroxysme
A ce moment suprême
Tandis que le temps se fige pour quelques secondes
Dès l'apparition d'un petit être
Avec ses épaules nues et un dos à peine fripés
Ô vertige des sens et des époques
Apothéose de l'existence
Recommencement inaltérable
Cette éternité de l'instant
Gravée pour toujours dans ma mémoire

La genèse.
A l'infini.




Au point du jour
Avant l’heure des bruits sourds
Aux beaux effets de la fureur des villes
Une incessante agitation de va-et-vient au grand secours
Faisant irruption dans la salle des métamorphoses analogiques
Souleva la peau de l’aube
Dans le dilemme du jour et de la nuit
Ce n’est que bien plus tard qu’un petit cri
Se fit entendre
Cédant à de grands bouleversements sensibles
Où s’abolit toute emprise au monde extérieur
Dans l’exaltation du merveilleux et de l’attente élective.


(Poème faire-part pour la naissance 'Alexandrian, jeudi 3 avril 1997)

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G aïa, mère nourricière fit s'élever des montagnes
A phrodite contemple et couronne ton innocence
E t lorsque dans le ciel les Erinyes enfin s'éloignent
T u brises soudain l'étoile des mystères et de l'absence
A chter désormais triomphe et Héréma t'accompagne
N uit mêlée à l'aurore. Perpétuelle
renaissance.

(Poème faire-part pour la naissance de Gaëtan, dimanche 19 juin 1988)




Je t’ai vu le premier comme personne au monde
Tu fus saisi au moment suprême
Où tu émergeas de Vénus
Déjouant le choix des couleurs
Comme un papillon en liberté
Alors dans les prémices du futur
Tu as éclairé le passé
Aux miroirs des ressemblances
Sans te soucier du prisme des regards
Penchés sur le rivage de ton innocence
Aux écluses de la mémoire
Bornant ainsi le dédoublement du rêve et de la réalité.


(Poème faire-part pour la naissance de Kévin, lundi 20 janvier 1986)

Ces poèmes ont paru dans CENTRE PRESSE le 30 septembre 2007.

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

mercredi, 26 mai 2010

POEMES PHILOSOPHIQUES II par Eric GUILLOT

Ces écrits nommés pour la circonstance Poèmes philosophiques II, comme en incipit même d’un long poème, auraient pu s’intituler « Journal quotidien pour une actualité décousue ». En effet, il s’agit ici de quelques réflexions qui, se succédant les unes aux autres, n’ont en tout état de cause, aucune suite commune entre elles. Cependant, cet effet contraire contribue à puiser constamment dans cette quête intarissable de l’inattendu, comme l’exploration des phrases dites de « demi-sommeil ». Poèmes philosophiques II a paru dans le quotidien aveyronnais Centre Presse, dimanche 2 mai 2010. La première partie de ces réflexions poétiques et « philosophiques » a été publiée dans l’édition L’Aveyronnais Dimanche du quotidien Centre Presse, daté du 5 août 2007. Avec cinq dessins originaux de Gaëtan GUILLOT (Oeil - Nez - Doigt - Lèvre - Oreille - Avril 2010).

Poèmes philosophiques II

Nous sommes tous des bien-aimés, à la manière de Célimare

Les mots sont constamment à la recherche d’un idéal.

Plus on écrit plus on recherche une écriture « compliquée ».

La rhétorique, toujours la rhétorique où s’envole un lyrisme platonicien émanant des bouches aphrodisiaques aux visages antiques.

Il règne ici comme ailleurs, une incertitude de bien-être quant à l’avenir.

Il ne sert à rien de se plaindre, la réalité vous rattrape toujours.

L’indifférence est un mal inconcevable.

La haute culture fut en son temps grandement coupable par son silence assourdissant et obstiné qui finalement fut recouvert par le bruit des bombes…

La liberté de créer, la liberté de pensées et de penser.

Le hasard objectif surgit consciemment derrière une dune ou le long de la plage.

Le snobisme est la forme supérieure de l’individu dès qu’il a atteint la force de l’âge.

La vie n’est qu’un sale pas où sombrent les réalistes.

Au quartier des ombres, il fait toujours noir et à l’Olympia des faubourgs, il y avait aussi des fées adorables.

La philosophie dans le boudoir, la philosophie sans le vouloir…

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L’amour comme une plénitude enragée.

L’écriture comme l’argent contribue grandement au bonheur.

Je me meurs de tant de regrets.

Souffrir en son profond intérieur, c’est encore souffrir d’espoir.

L’amour naît après un sentiment de bien-être.

Le verbe « croire » est un grand mot et peu de chose, en définitive.

Le sacré n’existe pas. Il s’agit plutôt d’une notion de valeur que chacun attribue aux choses ou envers ses semblables.

Où l’argent foisonne, la morale n’existe plus.

Après de longs mois de répétitions et de représentations, les pièces théâtrales une fois publiées par les éditeurs, sont vite lues. Mais l’éternelle reconnaissance des lecteurs est caractérisée par une mémoire sans oubli, pénétrée de cette profondeur de l’être, d’une force inestimable, qu’il s’agisse de tragédies ou non.

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Dimanches abominables, dimanches.

Sur un support de bois, je trace une ligne hasardeuse qui s’achemine vers le néant.

La poésie appartient à ceux qui l’écrivent et à ceux qui la lisent.

Le songe est la part du réel.

Les femmes savent ce que les hommes ignorent déjà.

Le papier des jours anciens s’effeuille sous mes doigts frileux.

Chaque jour suffit à sa peine. Et les pennes sont toujours grandes.

Une abeille sans miel, telle est cette métaphore sans définition aucune…

La politique est semblable à une tache d’encre sur un buvard. Vieille comme le monde, elle est également comparable à un plumeau qui ne sert qu’à soulever la poussière.

L’encre suit les lignes invisibles du papier jusqu’à ce croisement de l’inédit et de l’extase comme un corps nu allongé sur son flanc.

L’écriture est érotique.

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L’écriture est le genre même où nulle phrase ou paraphrase ne saurait remplacer la spontanéité à toute interprétation poétique ou littéraire.

À la seconde près, je me transforme en mélodrame.

Les sentiments nobles sont ceux qui nous transportent vers un humanisme béat.

C’est à la lumière des mots que l’opacité est rendue visible.

La bêtise humaine puise tout son savoir dans les religions.

Adonis a raison : « Il faut que les bras tremblent au coeur de la mémoire ».

C’est par le langage du coeur que transcende la beauté poétique.

Trop de choses organisées aboutissent tôt ou tard, mais indéniablement à des concessions.

Il est grand temps que cessent les barbaries et que s’éteignent à jamais les brasiers pour une paix durable. Il ne peut être question d’utopie lorsqu’il s’agit de paix, mais il ne peut être question de paix sans de nouvelles perspectives d’égalités, garantes de Démocratie.

Der wollust, el placer, and the love, ou le langage de la raison.

Vénus, la volupté et la sensualité du corps.

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Il faut systématiquement opposer les sciences aux religions.

Ce sont toujours les femmes qui parlent les premières… qui témoignent : Beauvoir, Groult, Leclerc, Badinter, Ernaux…

Le mot que je préfère le plus de la langue française est le mot Femme.

Je suis Nietzschien par la pensée et Bretonnien dans l’âme.

La philosophie est à la fois l’étude de la vie et la science du bonheur.

Je fais la nique à ceux qui parlent de normalité.

Je suis la trace de mes nuits expiatoires.

Pour toute forme de pouvoir, la longévité est stérilisante.

La jouissance est un facteur de l’insoumission.

La passion du vendredi est comme un hareng saur prêt à sécher au vent de la discorde sur le drap blanc des jours noirs.

Il manque quelque chose d’essentiel à la jeunesse d’aujourd’hui et ce quelque chose est la voie de la raison, la voix d’André Breton.

Ce que le général n’a jamais pu souffrir est la contestation émanant de ses contemporains à son égard. De Gaulle était ainsi le généralisme du patriarcat militaire.

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La magie du mot est la beauté du phrasé, cette parure de l’esthétique et de la clameur au ton hétéroclite.

L’ombre, cette ténébreuse, cette pourfendeuse de projets…

Ligne de vie, ligne de mire : la main de maître.

L’émotion amoureuse ressentie chez l’homme provient de l’éblouissement de la femme et le trouble qu’elle provoque auprès de celui-ci.

Ces paroles ornées de rêves invisibles s’accommodent de ces visions étonnantes et féeriques. La fascination et le merveilleux émergent à travers ces lignes révélées à la lumière du jour, et offrent une autre dimension à la lecture de ces écrits. Une dimension d’une profondeur poétique où se dévoile une écriture mystérieuse, subversive, libératoire, qui au sommet de la route mentale tend de prime abord, vers l’informulé et conduit le lecteur sur le chemin de l’imaginaire et de sa propre liberté. Ainsi est né l’automatisme psychique au moyen des phrases de demi-sommeil.


© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle.
Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

mardi, 27 avril 2010

PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE par Eric GUILLOT

LA PHILOSOPHIE DANS LE BOUDOIR


Publicités rageuses
Tourne, tourne les pages
De ton magazine grimoire

Ô femme magnanime !

Voici enfin le programme :
Ce soir comme tous les autres soirs
Il y aura un dîner aux chandelles
Dans un décor somptueux
Digne du protocole du divin
Marquis de Sade
Il y aura des bougeoirs et des bougies
Un boudoir et de la philosophie
Et de la philosophie dans le boudoir...

 

La philosophie dans le boudoir a paru dans le quotidien aveyronnais Centre Presse,
daté du dimanche 4 juillet 2010.

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.