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jeudi, 24 janvier 2008

L'ART DE DEPLAIRE par Eric GUILLOT

Les poèmes réunis sous le titre L'ART DE DEPLAIRE, furent publiés dans l'édition magazine Dimanche CENTRE PRESSE. Voici les dates respectives de leurs publications. Le délire du fantaisiste, L'étrange théâtre, Une erreur de parcours et Monde perdu in CENTRE PRESSE du dimanche 24 août 2003, sous le titre Le délire du fantaisiste. Les poèmes Poésie de circonstance, Les belles merveilles in CENTRE PRESSE du dimanche 10 juillet 2005, sous le titre Aurore nouvelle). Enfin, les poèmes Un air si pur, Le singe blanc, Croyance in CENTRE PRESSE l'Aveyronnais dimanche daté du 9 juillet 2006, sous le titre Un air si pur.


L ' A R T   D E   D E P L A I R E,   p o è m e s



LE DELIRE DU FANTAISISTE

(A Jean-Louis Fabre)

Sous un ciel d’eau parmi les ruines abandonnées
Une cloche au grand vent se balance
Des amants enlacés dans le silence et l’oubli
Devant une mosquée devenue inutile
Semblent vivre pour l’éternité
De jeunes religieuses portant le deuil nous proposent
Des programmes sur lesquels figurent ces quelques lignes :
La mort plutôt que l’infamie
Une nouvelle cathédrale verra le jour
Vous trouverez dans ce cadre
La dernière chance des hommes
Vivez serein

Nous nous éloignons de cette tour d’émeraude
Où gisent des animaux inactifs et perpétuels
Les battements de coeur de chaque individu
Nous demeurent indifférents car nous ne voulons plus aimer
Toutefois nous acceptons l’invitation qui nous est offerte
Pour une soirée musicale où de célèbres violonistes
A la puissance du mouvement
Interprètent un concert remarquable
Et c’est seulement à la tombée de la nuit
Tandis qu’une fille joue à la marelle avec des armes
Qu’une vieille femme à la parure légère vient à notre rencontre
Et nous demande l’heure Nous lui signifions
Que seuls les philosophes sont en mesure de répondre
Alors la vieille femme ricane puis disparaît
Nous errons dans cette cité déserte et défigurée
A la recherche des créatures de rêves En vain
Alors nous brisons les miroirs à coups de dés
Tandis que des hennissements
S’élèvent au-dessus de la ville endormie
Des chevaux de bronze surgissent des ruines
Et glissent dans le brouillard
Nous demeurons devant ce paysage figé et dévasté
De notre agonie
A hanter le passé de nos rêves sauvages.




LES BELLES MERVEILLES

Etrange histoire
De ce récit anatomique
Evoquant les doigts de pieds
Ou les poils dans les oreilles mal embouchées
Toutes ces merveilles dévoilées au grand jour
Où se moule l'homme
Dans l'ovale parfait d'une belle inconnue
Comme un ascenseur des gratte-ciel
Le mythe d'une vie exemplaire
Aux bourdonnements métaphysique
Et d'un style manifestement nouveau
Préserve ses jardins secrets
Sous l'ombrelle d'un prix littéraire.

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Eric Guillot (Blanc et rouge, 2008)


LE SINGE BLANC

Le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Ses bras tendus vers les espaces aériens
Au sommet contestable
Font preuves de patience et de persévérance
Dans un monde insoucieux
Où les individus affranchis
Des principes moraux et des lois divines
Sont l'illustration de la totale perdition de l'Homme
Paroles proclamées du haut de son belvédère
Au soleil couchant
Ou s'affirme une vérité prophétique
De cette science rétrograde et gélatineuse
Aux arrière-pensées dûment entretenues
Que conditionne la morale conventionnelle
Des concepts archaïques et perméables
Devant des citoyens désabusés face aux discours politiciens
Et de perspectives aux promesses enfouies
Oublieuses d'atouts et de projets rénovateurs
Là où le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Dans un calcul savant contre toute échappée d'émancipation.




POESIE DE CIRCONSTANCE

Le vent joue de la musique
Les affaires de cœur précèdent toujours les passions contrariées

Aurore nouvelle

Dans les jardins et sur les places publiques
Les statues meurent de leurs belles morts

Délicatesse de la vie.

Déjà des graminées envahissent leurs socles

De quoi demain sera-t-il fait ?
Murmure ô murmures
Les feuilles des marronniers frissonnent
De quel côté souffle le vent ?

Sentiments exacerbés

Les chimères sont les pires pièges

Le vent tourne.

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Eric Guillot, (Murmure, ô murmures
Les feuilles des marronniers frissonnent. De quel côté souffle le vent ?, 2008)



CROYANCE

La nuit laisse choir son grand manteau de lune
Une brise légère effeuille des sentiments nostalgiques
Où de vieux peupliers frissonnent de concert.
Tandis qu'une femme élégante passe sur un pont dans un silence végétal
Un cervidé en rut brame au fond des bois dans une solitude effrénée.
O christs d'ébène et d'acajou
Il est des nuits semblables aux paroles étranges
Qui fredonnent les mêmes refrains en solitaire
Et s'agglutinent de prénoms féminins
A la langue complice.
Mais la nuit comme une verge décline trop vite.
Alors que la brume au matin s'étend et se consume
Une biche au grand air s'ébroue comme un encensoir
Puis disparaît subitement dans les bosquets...
Seule une traînée blanche creuse dans le ciel un large sillon
Dans la sérénité du jour retrouvé...
Après le passage d'un supersonique...

Promontoire désert.

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Eric Guillot (Le jour suivant, 2008)

 

MONDE PERDU

La modernité comme c’est déjà vieux et démodé
Demain jour férié tous les magasins seront exceptionnellement ouverts

Effervescence d'un monde en ébullition
Les gares sont devenues silencieuses

Le cours de la vie se mondialise

Désormais tu t'affranchis de bonnes résolutions
Tu savoures chaque grain de sable qui s'écoule du sablier
Tu éternises l'instant
Tu fais le tour du monde en deux heures

Tu perds ton temps

Toute considération mise à part

La notion du temps m'échappe
Le temps est un presse-papiers
Un concept du passé où se meurent les paroxysmes

Fantôme de ta destinée

Tu te promènes seul le long des quais
Et tu médites sur les fondements de la République
Tu regardes les femmes et tu les trouves belles
Tu considères le romantisme comme une émancipation de l'esprit

Au loin deux voiliers prennent le vent du large
Aux cris des mouettes

Les journaux annoncent
Les dernières mesures gouvernementales
En matière de sécurité publique

Les valeurs boursières sont en baisse
La poudre aux yeux

Moi j’écoute Berlioz en regardant la mer...

 

 

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