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dimanche, 13 janvier 2008

POEMES PHILOSOPHIQUES par Eric GUILLOT

Ces écrits nommés pour la circonstance Poèmes philosophiques, comme en incipit même d'un long poème, auraient pu s'intituler par exemple, "Journal quotidien pour une actualité décousue". En effet, il s'agit ici de quelques réflexions qui, se succédant les unes aux autres, n'ont en tout état de cause, aucune suite logique entre elles. Cependant, "cet effet contraire" contribue à puiser constamment dans cette quête intarissable de l'inattendu, comme l'exploration des phrases dites de "demi-sommeil". Cet ensemble de réflexions poétiques et "philosophiques" a paru dans l'édition l'aveyronnais dimanche du quotidien CENTRE PRESSE, daté du 5 août 2007.



La rue déshabille les inconnues.

Pensées, pensées, où m’entraînes-tu ?

Je vis la sorgue.

Les lèvres de pluies recouvrent les ailes du rêve.

Les choses de la vie, les choses de l’ennui.

Je rêve d’un jardin semblable à celui de Renée Mauperin.

L’érotisme est pyramidal. L’érotisme pyramidal.

Le funèbre chant de Linos.

L’étoile du berger a remué ciel et terre.


L’HOMME

L’homme croit
L’homme croît
L’homme décroit.



La rature est un signe des temps.

Le drame est la réponse à la tragédie.

La frontière entre la création et l’imaginaire est l’inédit. Ce non-dit toujours en suspens, bouscule les règles du raisonnement et des sens. Ainsi le chant devient la Création par excellence. Impondérable et sans cesse amplifiée, elle s'élève vers les sommets incantatoires. Seule la chute romanesque met un terme à son ascension vertigineuse.

L’être est à la source de sa réalité psychique.

Assurément, toute la philosophie littéraire puise ses richesses dans l’héritage épicurien.

Je meurs d’aimer. Et pourtant je suis en vie et envie toujours d’aimer. D’aimer à en mourir. Décidemment, il n’y a pas à sortir de là. Cette idée demeure la plus généreuse, sans conteste supérieure à toutes les autres, y compris de toute idée patriotique. Surtout patriotique.

Le non-être est un concept machiavélique.
L’irrationnel contre la raison.

La perfection n'existant pas, la banalité est nécessaire.

Les sonnets de Joachim du Bellay sont aussi superflus qu’un scarabée en plein désert.

Savourer, même de nos jours, les délicatesses comme les indélicatesses de Sainte-Beuve.

Le marquis de Sade en voulant changer la société par les mœurs, fut l’homme le plus libre et le plus révolutionnaire de tous les temps.

La simplicité même embellit les choses.

Quelque chose d’irrémédiable s’est brûlée dans le feu de mon existence.

Eros, ô nuit noire.

La poésie est femme.

La beauté féminine est à l'apogée de la beauté poétique.

La poésie est le rêve. Le rêve l’amour.

L'amour et la poésie ne font qu'un.

Les rêves, l'amour, la poésie, les sciences, les philosophies, voici de quoi émanciper tous les esprits et matière à pouvoir rédiger un traité de la liberté ou de l'athéisme.

La géométrie de par sa théorie est fondamentalement poétique.

Les poètes écrivent avec leur cœur, leur ventre, leur sang ; les philosophes avec leur jugement. Dans le cas contraire, ce ne sont ni des poètes, ni des philosophes.

La raison a du cœur et le cœur ses raisons. Le doute aussi.

L'intelligence vient principalement du cœur.

Il existe deux sortes de politiques : la politique du peuple et l'autre.

Mon cœur saigne.

Par ces temps de doutes, de morosités, d'incertitudes, de concepts
plus ou moins fatalistes, rêver demeure la seule raison, indispensable à l'Homme.
Pour sa survie. Sa liberté. Sa conscience. Sa respiration.

L’écriture est une insurrection contre la bêtise et la folie des hommes. Elle est l’un des moyens de s’élever contre toute forme de violence, de haine ou d’obscurantisme.

J'écris contre l'oubli. J’écris pour oublier…

La musique est l'ineffable.

L'immobilisme est un facteur incontestable de l'incompétence.

Les désordres de la vie, l’ordre des choses.

Les libertés fécondent les bonnes consciences.

Tous les dieux sont des hommes
Tous les hommes ne sont pas des dieux.

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(Vestige méditerranéen, 2007. Assemblage et peinture sur bois, par Eric Guillot)

Pourquoi croire ?

Toute forme de croyance, toute forme d'assujettissement est semblable à une lampe au fond d'une grotte : elle éclaire très mal les esprits.

Toute naissance est une création qui s’inscrit dans un mouvement perpétuel.

La matière... la matière... il y aura toujours matière à dissertation...

Les souvenirs hélas ne sont que des photographies erronées du passé.

Le bonheur est une conception moderne pour l’esprit petit bourgeois, un accompagnement contre l'ennui. Généralement, tous ceux qui prétendent être heureux ne le sont pas.

La phobie est une fabrication esthétique destinée à chaque individu.

La solitude est nécessaire pour la création. Elle est son socle. Son édifice. Son double.

Le JE est double. Comme au théâtre, juste avant le rideau.

Carré d'as.

Dire toujours NON ! Par principe et en toute occasion.

Le monde est une gageure.

Parole d'homme ou paroles d'hommes. Le rôle de l'Homme.

On connaît la musique.

Les révoltes n'ont de sens que lorsqu'elles s'acheminent vers les libertés émancipatrices.

L'exaltation est souvent une démesure à ne plus savoir où tourner de la tête...

Les destinées ne sont que des formes géométriques courbes.

Le militantisme par son perpétuel aveuglement doctrinaire me donne la nausée.

Le Petit Chaperon rouge... La philosophie dans le boudoir... L'enlèvement d'Hélène... La vie sexuelle de Catherine M... Les Chants de Maldoror... La liberté ou l'amour... Les récits, les merveilleux récits éblouissants et mythiques... ceux qui offrent du piment à l'existence et des ailes à arracher...

Je nomme Art ou Poésie, toute expression plastique, écrite ou verbale qui de manière manifeste contribue ou modifie radicalement le regard sur toute chose portée et admise jusqu'alors.

Les affaires de cœur précèdent toujours les passions contrariées.

On défend ce que l’on aime.

Il vaut mieux aimer à en mourir que de mourir sans aimer.

Les vins sont comparables aux individus en ceci qu’ils sont tous inégaux.

C’est le chapeau qui fait l’homme selon le proverbe et réciproquement.

Et tandis que je m’endormais je sentis monter au long tamis de ma chair un coussin d’air chaud semblable à une puce dans les poils d’un chien dont l’immobilité animale évoque peu s’en faut, celle d’un pape. Mais cette tiédeur m’incommodait étrangement. J’abandonnais la position initiale usant de toute mon énergie – physique et mentale - à me relever afin de pouvoir vivre définitivement debout. Ce fut pour moi un extrême bonheur que d’y être parvenu. J’éprouvais alors un bien-être grandissant tandis qu’une intense satisfaction m’envahissait. Mes membres retrouvèrent progressivement leurs forces et une grandeur d’âme s’élevait au plus profond de mon être. C’était une totale métamorphose. Ma nouvelle position ascendante m’assura de fait le statut de voyant, l’homme nouveau. La prophétie venait enfin de se réaliser.

Des louanges et encore des loups anges. Comme toujours.

Le mot le plus haïssable de la langue française est le mot « tradition » pour tout ce que ce vocable revêt de conservatisme-négativisme en opposition manifeste à la raison, aux vérités et aux jugements existentiels.

L’ombre passe plus vite que la lumière.

Jean de La Fontaine ? Un moraliste, somme toute, bien inutile.

Le cœur est un œil au cou tendu.

Œil de bœuf, œil de lynx, mais uniquement entre chien et loup.

Carnet de bord ou carnet de route ? Les deux font partie du voyage.

La « Multitude » d’Antonio Negri n’est en aucun cas une variation de plus de la pensée nouvelle mais un concept universel.

Une pièce poétique se construit par l’intervention de différents genres : le poème, le vers libre ou la prose, voire les trois réunis. Cette conception d’écriture dans un même récit éloigne définitivement le poème « fabriqué » et laisse toute sa place à la spontanéité et à la création…


 

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