samedi, 23 août 2008

RECUEIL DE POESIE

 VIENT DE PARAITRE

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  AUX EDITIONS CLAPAS
NEUF  POEMES  D’AMOUR
  par   E R I C  G U I L L O T

Un volume de 40 pages, relié.
(Format : 17,5 x 21 cm)

composé en Garamond corps 14
sur bouffant 150 g
et illustré d’une photographie
par l'auteur.

Tirage limité à 80 exemplaires avec 20 exemplaires de tête, numérotés de I à XX,
(Ce livre est disponible au prix de 15 euros TTC - ou 30 euros TTC pour le tirage de tête).

L'ensemble des pièces constituant ce recueil, ont paru dans l'édition magazine du journal CENTRE PRESSE, daté du 11 juillet 2004, sous le titre LE JEU DU MIROIR.

POUR COMMANDER CET OUVRAGE S'ADRESSER SOIT AUPRES DE L'AUTEUR :

http://poesieadaujourdhui.midiblogs.com
mail : eric.guillot@cegetel.net

 
ou auprès des EDITIONS ASSOCIATIVES CLAPAS
10,
boulevard Sadi-Carnot – 12100 MILLAU
www.clapassos.com  

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dimanche, 06 juillet 2008

HOMMAGE A FEDERICO GARCIA LORCA par Eric GUILLOT

HOMMAGE A FEDERICO GARCIA LORCA

L'UNIVERSALITE DU POETE

(Article paru dans CENTRE PRESSE, dimanche 27 août 2006)
 

C’était le 19 août 1936. Ce jour-là les franquistes fusillèrent le poète espagnol Federico Garcia Lorca, sur sa terre natale, à Viznar, près de Grenade. Il venait d’avoir 38 ans. Sans doute les phalangistes à la solde de Franco, en procédant à son arrestation deux jours auparavant, pensaient-ils en finir avec le monde artistique et intellectuel, en plein essor dans la péninsule ibérique. Sans doute pensaient-ils éradiquer, une fois pour toutes, la gent intellectuelle où le poète, avec Salvador Dali et Luis Buñuel, entre autres, furent des artistes très influents en Espagne. N’est-ce point un général franquiste qui lança en pleine figure du philosophe Unamuno, assigné alors en résidence surveillée à Salamanque :
« Mort à l’intelligence » ? Sans doute pensaient-ils que le bannissement de ses œuvres allait engendrer un oubli définitif. (Le régime franquiste proscrira ses dernières jusqu’en 1953, après quoi ses Obras completas furent publiées... censurées !) Le retour de la démocratie en 1976 abolit bien entendu, ces ignominies. Peu d’auteurs furent à la fois, comme Federico Garcia Lorca, poète, dramaturge, peintre, pianiste et compositeur. Issu d’une famille aisée, il étudia le droit par obligation parentale. Cependant, ses parents lui interdirent de poursuivre des études musicales, il se dirigea alors vers la poésie et le théâtre... et joua de la guitare ! Il fut ainsi l’ami du célèbre compositeur Manuel De Falla. En 1922, et afin de renouer avec le folklore andalou, le poète et le musicien organisèrent un festival de musique folklorique consacré à la chanson, dans la tradition flamenco. Ce festival s’intitula Fiesta del Canto Jondo. S’ensuivirent alors de magnifiques poèmes de Poema del Canto Jondo etde Romancero Gitano qui se situent dans le prolongement logique de l’ensemble des Chansons, écrites dans cettemême veine, entre 1921 et 1925 ; lesquelles, par ailleurs furent publiées et revues par l’auteur... quatorze ans plus tard !
Des romances où la fantaisie poétique et l’influence musicale vont de pair. La passion et l’émotionnel fusionneront dès lors tout au long du parcours poétique de l'auteur et feront de ses œuvres une poésie « surréalisante ».


Le poète à New York

Après une déception sentimentale et des difficultés de plus en plus pesante à cacher son homosexualité à son plus proche entourage, il accepte l’invitation de se rendre à New York pour y donner des conférences. Lorca quitte Madrid pour deux ans (de 1929 à 1931) et écrit aux États-Unis Poète à New York. Dans ce livre d’une soixantaine de pages, il compose en l'honneur du poète américain une Ode à Walt Whitman. Mais témoin des inégalités sociales, de la misère et des discriminations, Garcia Lorca s’indigne, harangue le monde contemporain. Proche du peuple, il en épouse sa cause. Car il est aussi le peuple. En conséquence, sa poésie se transforme, devient populaire, sociale, plus que jamais incan tatoire, sans renoncer à la tragédie coutumière, si chère à l’auteur andalou. De retour à Madrid, il est nommé directeur du théâtre ambulant nommé La Baracca,dont le but est de silloner le pays. Son arrivée en Espagne coïncide à peu de choses près, avec l’avènement de la Seconde République et la chute du dictateur Primo de Rivera.
Ignacio Sanchez Mejias fut l’ami du poète. Toréador espagnol, né à Séville, le 6 juin 1861, issu de la bourgeoisie espagnole, il fut, dit-on, un torero atypique, puisque ami des intellectuels et auteur de théâtre. Il décéda tragiquement le 13 août 1934 après deux jours d’agonie d’une gangrène gazeuse, après avoir été encorné à la jambe, lors d’une corrida dans les arènes à Manzaranes, près de Madrid.


Poeta universal

Federico Garcia Lorca bouleversé et anéanti par cette brutale disparition composa pour son ami Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias, dans lequel l’auteur redevient simplement un homme, livré au plus profond, au plus intime de lui-même, devant le miroir de ses secrets, de ses sentiments, de sa plus grande solitude.
Ainsi dans « Absence de l’âme » :

Ni le taureau ni le figuier ne te connaissent
Ni les chevaux ni les fourmis de ta maison.
L’enfant ne te connaît ni la soirée
Parce que tu es mort pour toujours.
…/…
Nul ne te connaît plus. Non.Mais je te chante.
Je chante pour plus tard ta silhouette et ta grâce.


Bien sûr, il n’existe que les poètes pour écrire de telles choses. Et dans « Présence du corps » Lorca entreprit une longue réflexion sur lamort :

La pierre est un front où gémissent les songes
Sans qu’ils aient une eau courbe ou des cyprès glacés
La pierre est un dos fait pour porter le temps
Avec arbres de larmes et rubans de planètes.

 

Il sut exprimer comme nul autre pareil, toute la douleur humaine ressentie dans pareil cas. Il est impossible de lire ce « chant funèbre » sans en éprouver la moindre émotion. C'est précisément aussi pour ces raisons que Federico Garcia Lorca est un poète universel. Lorsque éclata la guerre civile en 1936, il quitta Madrid pour sa ville natale. Il y fut assassiné par les franquistes et son corps fut jeté dans une fosse sans nom, sur les hauteurs de Grenade, à Viznar. Il y a quelques années encore, sa tombe demeurait approximative.Une statue érigée en son honneur se trouve aujourd'hui, sur la Plaza de Santa Ana à Madrid. Dans l’un de ses derniers poèmes Oméga - poème prémonitoire - le poète anticipera sur sa fin tragique. Les herbes « bataillon aux pointes inégales » qui avancent et triomphent dans l’horreur, symbolisent la terreur et pour finir la mort.


Les herbes
Je me couperai la main droite.
Attends
Les herbes,
J’ai un gant de mercure, un autre en soie.
Attends.
Les herbes !
Pas de sanglots. Silence, on va nous entendre.
Attends.
Les herbes !
Les statues s’écroulent
Tandis que s’ouvre la grande porte.
Les heeerbes !!!

 

Federico Garcia Lorca était membre de la génération de « 27 », un groupe de jeunes poètes, ayant pour noms : Jorge Guillen, Rafaël Alberti, Luis Cernuda, Vicente Aleixandre, Pedro Salinas, Emilio Prados, Gerardo Diego etc… La guerre et surtout le fascisme qui perdura près de quarantelongues années interrompirent ce renouveau culturel. Cette génération succéda à celle de « 98 » où furent inscrits depuis dans le marbre, des noms d'écrivains, de poètes et de philosophes qui s’illustrèrent brillamment dans le lyrisme : Miguel Unamuno, Antonio Machado, mort peu de temps après son arrivée à Collioure ; Juan Ramon Jimenez qui reçut le prixNobel en exil... Une histoire interrompue, demeurée en suspens, certes, mais non anéantie, comme le voulurent Franco et ses cohortes de généraux avec l'appui inconditionnel de l’Église. Leurs œuvres, continuent et continueront de briller de tous leurs éclats, comme d’immenses phares et n’auront de cesse d’éclairer les générations d’aujourd’hui et de demain au delà des cultures et des frontières.
ERIC GUILLOT

(Œuvres complètes. Coll. La Pléiade Gallimard.
Tome I : poésie, 1987. Tome II : théâtre, 1990.
Ferias, poèmes inédits
Editions du Félin - Arte Editions, 1998)

 Pour visualiser la page entière de cet article, cliquer sur le lien ci-dessous :

Lorca.pdf
 

 © Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

mardi, 03 juin 2008

LES LAUREATS DU CONCOURS POESIE

VOICI LES GAGNANTS DU CONCOURS DE POESIE

proposé à tous les poètes de

MIDI BLOGS.COM

Les poèmes sélectionnés ont été publiés dimanche 18 mai
dans l'édition magazine du quotidien

 CENTRE PRESSE

Il s'agit de :

 GERARD ARTAL

pour : "Le germe divin", "Le prince Temps"
et "Ô plume Muse"

http://lespoemesdeartal.midiblogs.com/
http://pagersperso-orange.fr/artal-poemes.html


CHRISTINA BIANCA-TRONCIA

pour : "Délivrance",  "Emois" et "Couleur pollen"
http://christianabiancatroncia.midiblogs.com

http://christinabiancatroncia.com
http://stores.lulu.com/CHRISTINABIANCATRONCIA


MARTINE MERCADIER

pour : "Un village, mon village" et "Les poèmes".


Retrouvez leurs créations poétiques sur MidiBlogs.com

 CENTRE PRESSE
Avenue de la Peyrinie
12021 RODEZ Cedex 09

ou  courrier électronique auprès de ce blog :

POESIE D'AUJOURD'HUI par Eric GUILLOT

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23:35 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commen

jeudi, 03 avril 2008

LES ENIGMES DE MONSIEUR PAUL, composé par Eric GUILLOT

LES ENIGMES DE MONSIEUR PAUL
ont paru dans l'édition magazine CENTRE PRESSE, le dimanche 30 mars 2008.
Cette composition poétique a été élaborée à partir des titres et fragments de titres préalablement choisis et découpés soigneusement dans le journal, du 4 au 30 janvier 2008, formant ainsi une série de poèmes.

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 Eric Guillot "Dimanche, abominables dimanches", (2008).

TR E N T E - E T - U N    PO E M E S

AU JOUR LE JOUR

 

                               1

            Flûte et violon
            La gnôle coulera
            encore longtemps

Les conscrits sont passés
        Fructueuses rencontres

                    Hiver radieux pour
                    Ces anges gardiens.

 

                            2

Sous le sapin les pavés
Ange revient, plumes au vent...
Les morsures de l'ombre.

 

                            3

Du grand spectacle avec
            Le bal des gueules noires
            Sur la dynamique du succès
                        Molière, Rimbaud et du théâtre
Une nuit de détente et de plaisir
Après les huîtres
            Les insurgés d'un monde « parfait »
            réunis autour de la
                        future marquise qui se dévoilera

La ménagerie fait aussi partie du spectacle

« La Chose » va faire grand bruit
            Mais un rebelle ne se repent jamais.
            Si au moins Versailles nous était conté...


                            4

 

            Main dans la main
            Deux petits choux
            Et une belle rose.

Conciliant dans un premier temps
Avenir avec optimisme
            Le Temple de l'Histoire
            a tenu toutes ses promesses

            Le temps d'une valse viennoise.

La fresque enfantine progresse de 400 mètres par an

            Derniers jours de vacances.

            A partir d'aujourd'hui
            Des fonds sont à explorer

                    L'intense ballet des corbillards...


                            5

La Naïade et le Clochard
La renaissance des Françaises.


                            6

Au grand gala du carnaval à Bonn
La Disparue de Deauville est restée séduisante.


                            7

Au bal des mandales
Une héroïne hors norme
toujours très entourée
en sol mineur a mis tout son coeur.


                            8

Une Eva bouleversante
en concert au Casino de Paris
va bien figurer sa tragédie
pour les pires minutes de ma vie.


                            9

Le char de l'imposture
prendra de la hauteur.

 

                           10

Récit de solitude
à l'humour scandinave
mouche dans l'oeil.


                            11

Le retour en force du plombier italien
humaniste de Catalogne.


                            12

Voyage au coeur du delta du Danube
Belle promenade pour
Le Prince Noir
Hommage et souvenir

            Le jour d'après...
                     Aux marches du Palais
                               souvenir et recueillement
            Histoire de comprendre...
                               Les « fantômes » du château.

 

                            13

Du sourire à la peur ancestrale
Résistez à la tentation
Le fantôme du loup hante le bois
Ferveur autour de la crèche.


                            14

La mode des hommes côtoie
le mode de vie des animaux
Plusieurs citoyens à l'honneur.


                            15

COUP DE VENT DESTRUCTEUR AU CHATEAU
Compter sur la civilité des marionnettes.


                            16

Le doux parfum des serveuses
qui déchaîne les passions
dans les boîtes aux lettres
vous invite dans sa chambre
côté jardin.

 

                            17

Coup de chapeau

la belle diva
parmi les voix ensevelies
s'envole toujours plus haut.

                            18

Des citoyens debouts
remontent aux origines
Ils veulent tous
une neige de lumière
une belle hotte
Et vive la liberté
avec une foi de charbonnier !
On ne plaisante pas avec
le poids des traditions

- C'est ce qui fait le charme.

 

                            19

OU ALLER AUJOURD'HUI
La main au guidon
Gardez les pieds sur terre.


                            20

Qu'est-ce qu'on attend ?

Les notes d'un violoncelle
Le dernier grand défi
Une visite très attendue
Un bel écrin
Une aventure exceptionnelle
Une fin d'année bien commencée

Mais la fête est finie !


                            21

Fumer sous la pluie
sèche ses larmes.


                            22

Aujourd'hui
« La Maison Rose »
Le conte de fée qui esquinte les contes de fées.


                            23

« J'ai une femme extraordinaire »
toujours admirée
Belle et rare aurore
du plus bel effet.


                            24

L'intelligence
Accroch'Coeur
Quitte ses habits de lumière.


                            25

Des virtuoses
sur le devant de la scène :
donner son souffle
à ceux qui n'en ont pas

La fonte des glaces s'est accélérée...


                            26

Trompé par une gueule de loup
Le train de l'histoire va rentrer en gare
A l'affût la louve entre dans la danse.


                            27

Le grand chambardement
Toute une ville
commémore sa diva
Des marionnettes pour un conte poétique

duel au féminin.

 

                            28

Simple vitrine
Passée la magie
Le parfum
passe la main

Au plaisir des pêcheurs.

 

                            29

Des mots
Sans fard
Passent sur le « grill »
Divines idylles
à travers les âges
L'Antiquité, source d'inspiration
a fait quelques heureux en Toscane

D'un horizon nouveau
A la découverte du monde
Les Chinoises ont la tête haute
Des contes à rêver debout
Pour émerveiller les enfants

« Tous à l'Ouest »
Parce qu'il n'y a pas
Des cow-boys au coeur de Manhattan
Les salariés voient rouge

Ô paysage, ils sont devenus fous...

Coups de coeur, coups de gueule
Direction les îles !
Une longue et chaude nuit de fête
Sur l'île de la Réunion
Les gens du voyage
Perdus dans la nature
Un poney en guise de renne

La pluie gâche les derniers jours

La caravane passe
La culture se fédère à l'autre grande ville.


                            30

Petits drames ridicules
L'élue du coeur
au pied du mur
sans défense
panse ses plaies
Son petit camarade
sans perdre son âme
relève la tête et croit en ses chances
Ils sont ravis d'être là
projetés dans l'avenir
dans une entente cordiale
Une rencontre qui en appelle d'autres
Portées acrobatiques pour exilés poétiques
Le plaisir d'une passion partagée
sans fausse note
a donné le « LA »
Le tango pour passion,
danses sévillanes et pas de danse
pour repartir du bon pied
La hiérarchie scrupuleusement respectée
La reprise s'est faite vraiment en douceur
« Un bon détective doit avoir du charme ! ».


                            31

Un avenir prometteur
Examiné à la lumière du droit
Gare à la lanterne rouge.

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

samedi, 01 mars 2008

ELOGE DE LA POESIE par Eric GUILLOT

A L'OCCASION DE LA DIXIEME EDITION DU PRINTEMPS DES POETES
QUI A LIEU DU 3 AU 16 MARS 2008
AYANT POUR THEME "L'ELOGE DE L'AUTRE"

 

« Je crois à l’avenir de la poésie » affirmait au début des années 1950, Nazim Hikmet, poète turc, emprisonné durant dix-huit ans, dans les pires conditions par les gouvernements successifs de son pays. Croire à la poésie, n’est pas un vain mot. Et il y a quelque chose de particulièrement bouleversant dans cette affirmation, du fait de l’exil du poète en cette période de guerre froide...
Le mystère poétique ne réside-t-il pas, en fin de compte, dans un ancrage de conviction et de partage, guidé par un élan de solidarité ? Et c’est vraisemblablement cette générosité – pour autant qu’elle se manifeste dans la trame poétique – qui anéantit toute hostilité manifestée à son égard.
La conscience qui en surgit en ses grandes lignes, est à l’origine d’une situation réelle où la poétique, loin de se restreindre dans un quelconque passé, ou de se soustraire à la réalité, se projette tout au contraire, et avec persuasion, dans l’avenir. C’est alors un monde d’éclat, où brillent à l’infini les océans emplis d’étoiles, qui se révèle soudain en nous et nous transporte vers l’inconnu. Ainsi se propage cette séduction au coeur même de la magie poétique.
Mais cette exaltation partagée, est comparable à l’eau d’une source qui fuit dans le creux de nos mains, lorsqu’on veut la boire. Alors, la poésie canalise cette eau et n’a de cesse  de recourir à cet héritage  inépuisable dans cette perpétuelle quête de la connaissance. Elle est par définition la prophétie d’un monde de lumières, comme le préconisèrent les poètes du vingtième siècle, tel que ce monde devrait être, tel que ce monde sera, et non comme un simple moule, dans une vision purement utopiste.
La poésie n’a pas de frontières, elle se suffit à elle-même. Elle est le pari  de demain pour les générations futures ; elle demeure à jamais, ce catalyseur universel d’émancipations et d’échanges culturel. Oui, assurément, la poésie a tout son avenir comme un long chemin tracé devant elle.

 

(Article extrait de Eloge de la Poésie, page 49 - in Feuillets d'Encres,
publié dans l'édition magazine CENTRE PRESSE, du dimanche 2 mars 2008)

mardi, 19 février 2008

RECUEIL DE CHRISTINA BIANCA TRONCIA

LE SECOND RECUEIL DE POESIE DE CHRISTINA BIANCA TRONCIA ENFIN EDITE ET DISPONIBLE EN LIGNE !

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Venez découvrir le dernier recueil de poésies et chansons, avec des illustrations des photos d'art de l'artiste

Le second recueil de poésies et chansons illustrées de ses belles photos d'art est enfin édité ! Il est disponible dans sa bibliographie en ligne sur : http://stores.lulu.com/CHRISTINABIANCATRONCIA

 

mardi, 29 janvier 2008

CONCOURS DE POESIE

UN CONCOURS DE POESIE

est proposé à tous les poètes de

MIDI BLOGS.COM

Les poèmes sélectionnés seront publiés le dimanche 18 mai

dans l'édition magazine du quotidien

CENTRE PRESSE

Ce concours est ouvert jusqu'au 30 avril 2008.

Pour cela, il vous suffit d'envoyer trois poèmes de votre choix à l'adresse suivante :

CENTRE PRESSE

Concours Poésie 

Avenue de la Peyrinie

12021 RODEZ Cedex 09

ou par courrier électronique auprès de ce blog :

POESIE D'AUJOURD'HUI par Eric GUILLOT

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vendredi, 25 janvier 2008

LES ROSES DE LA NUIT par Eric GUILLOT

LES ROSES DE LA NUIT, ont paru pour la première fois dans l'édition magazine Dimanche CENTRE PRESSE, daté du 19 décembre 2004.
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Les roses de la nuit s'ouvrent aux lèvres de pluies... (Collage de l'auteur, 2004).


R O S E  M Y S T E R I E U S E
R O S E  M E R V E I L L E U S E
R O S E  D E S  B E A U X  J O U R S
R O S E  M O N  A M O U R


LES OISEAUX ENFUIS

Tu es la femme que je suis
A l’ombre des oiseaux enfuis
Sous un ciel épanoui
Comme un parfum que l’on n’oublie

Tu es la femme que je veux
Et le charme agit comme il peut
Jouer, jouer avec le feu
N’est pas toujours un vilain jeu

Tu es reine L’amour est roi
L’amour mais cela va de soi
Au bout du monde toi et moi
On s’invente partout un chez soi

Le bout du monde est quelque part
Lorsque commence le hasard
Et où se croisent les regards
Quand finissent les boulevards.

Voici mon nom et ma folie
La nuit a quitté son habit
Tu es le rêve et l'embellie
L’amour aux couleurs de la vie

Pourquoi écarquiller les yeux
Chaque silence est un aveu
Chaque saison est un adieu
J’ai vu s’envoler l’oiseau bleu.



LES ROSES DE LA NUIT

Les roses de la nuit s’ouvrent aux lèvres de pluies
Sous l’arche des rêves aux amours radieuses
Au cœur de la ville non loin des boulevards
La statue de pierre garde silencieuse
Les secrets des amants rencontrés par hasard
Dans les allées du parc au parfum de la nuit.



STATUE

Belle le jour belle la nuit
Belle pour le plaisir des yeux
Belle sous le vent et la pluie
Chaque saison est un adieu.



TAPISSERIES

Je suis pris dans un tourbillon de flammes
Qui ne cessent de s’accroître de jour en jour

                        *****

Une femme Une seule
Me soumet à ses désirs les plus délectables

                       *****

Les yeux dans l’obscurité
Dévident le ciel et dévorent les étoiles

                       *****

Quand reviendras-tu des lampes de fougères ?

                       *****

Il ne m’est de toute raison, que le ciel bleu
La douceur de tes mains le velours de tes yeux



IL N’Y A

Il n’y a de beauté semblable que la rose
Il n’existe d’amour semblable que de toi
Et chacun des baisers de par tes lèvres écloses
Est un secret avoué une part de toi.



MIROIR ORIENTAL

Belle danseuse au corps allégorique
Souveraine au plaisir consacré
Envoûtement des parfums exotiques
Mes songes naissent d’un pays secret

Langoureuse, fragile, sensuelle
Dévoilée livrée à la nudité
Musique du corps danse graduelle
Erotisme de la féminité

Voluptueuse et nue alors tu charmes
Les passions et tu envoûtes le feu
Dans ce spectacle qui livre ses charmes
Magique et réelle je suis ton jeu

Raffinement du désir Amour-flamme
Séduction harmonie et volupté
Mon amour sublime Ma vie Ma femme
L’Orient est le miroir de la beauté.

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("Musique du corps, danse graduelle..." - Assemblage et collage, 2004)


SIMPLICITE

L’avenir promit dans les cartes
Le regard perdu dans un miroir qui danse
L’ennui et la solitude dans l’attente de ta venue
Le secret des parfums au rythme des saisons
La transparence du jour comme un corps à renaître
La rose qui s’ouvre comme une robe sans pudeur
La sérénité acquise et le plaisir partagé
La vie l’amour dans sa plénitude
L’éternité dans tes bras ouverts

Toute chose parle à travers toi
Dans toute sa simplicité Dans toute sa grandeur.

  

TOUTE CHOSE PARLE A TRAVERS TOI

Toute chose injuste parle à travers toi

La corde du silence
Le triomphe de la cruauté
L'Histoire et son cloaque
L'indifférence et le mépris
La barbarie.

Toute chose d'éclat parle à travers toi

L'orgue des printemps
Le mystère des parfums
Le langage des couleurs
Le murmure d'un chant toujours perpétuel
Le frémissement au toucher de ton corps

Toute chose parle à travers toi. Mon bonheur. Ma vie. Ma femme. 

 

 POEME


La vie est un théâtre
Où chacun tient son rôle
Epaule contre épaule
J’écoute ton cœur battre.



EROS

Une robe noire
Une bouche rouge
Une rose
Des gants blancs

Et du plaisir à l’emporte-pièce.



LES PARFUMS DE LA NUIT

Un soir d’été
Par un clair de lune
Quand une femme
Sous un ciel étoilé
Aux parfums de la nuit
Quand une femme
Sous un ciel étoilé
Par un clair de lune
Aux parfums de la nuit
Un soir d’été
Un soir d’été
Un soir d’été.



LE BAISER

Tes lèvres tendres et fruitées parfument
De douceur les astres des baisers
Puis l’éclair d’un sourire consume
L’ombre des souvenirs apaisés

Tes yeux brillent comme des étoiles
Dans le labyrinthe des regards
Tu abolis le temps qui te voile
A l’unique flamme du hasard

Mais tu es éblouissante et pâle
Présente et absente tout à la fois
Tes mains à mon cou forment un ovale
Et c’est toujours la première fois

Tes cheveux sont semblables aux vagues
Que mes doigts caressent et défont
D’un mouvement régulier et vague
Tu es la mer où je me confonds

Puis tu t’abandonnes dans l’étreinte
Langoureuse tu fermes les yeux
Tes baisers sont des paroles peintes
Pour un avenir harmonieux

Au point du firmament une fine
Lueur brille comme la rosée
Lumineuse et cristalline
Etoiles filantes à la croisée

Et au seuil de l’ombre passagère
Un papillon de nuit sur ton front
Déploie ses ailes fines et légères
Où ta chevelure s’y confond

Les étoiles tombent une à une
Au cœur de l’océan embrasé
Tes lèvres tendres et fruitées parfument
De douceur les astres des baisers.



NUIT ORIENTALE

Un intense bonheur
A peine dévoilé
Passent passent les heures
Sous un ciel étoilé

Long jour et courte nuit
Et le coeur en chamade
Qui bat comme la pluie
Joue de sa sérénade

Dans le feu des regards
Tes yeux d’eau sont des astres
Qui guide le hasard
D’un amour idolâtre

L’ombre des souvenirs
S’estompent bien vite
Dans l’élan d’un soupir
Comme un gant que l’on quitte

Et tu absous le temps
Dans un parfum de roses
Tout change en un instant
Et se métamorphose

Tes baisers confusément
De tes lèvres tremblantes
Frôlent le firmament
Des étoiles filantes

Tout est vraiment parfait
On s’aime et on paresse
Tes cheveux sont défaits
Les mots sont des caresses

Et les bruits de la rue
S’anéantissent vite
A l’étage accouru
Les habits que l’on quitte

Tout doucement pourtant
Tu enlèves ta robe
Il reste peu de temps
Quand la nuit se dérobe

Bientôt il fera jour
Demain quelle importance
De nuit comme de jour
La belle différence

La beauté consacrée
D’un corps que tu dévoiles
Révèle les secrets
Des nuits orientales

Un intense bonheur
A peine dévoilé
Passent passent les heures
Sous un ciel étoilé.

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

jeudi, 24 janvier 2008

L'ART DE DEPLAIRE par Eric GUILLOT

Les vingt-huit poèmes réunis ici sous le titre L'ART DE DEPLAIRE,
furent publiés dans l'édition magazine Dimanche CENTRE PRESSE. Voici les dates respectives de leurs publications.
Le délire du fantaisiste, Solitaire, L'étrange théâtre, Le grenier, L'étranger, La vérité sort de la bouche des enfants, Littérature,
Une erreur de parcours, The age of the ghetto
et Monde perdu
in CENTRE PRESSE du dimanche 24 août 2003,
sous le titre Le délire du fantaisiste.
Les poèmes Poésie de circonstance, Au diable la reconnaissance, Tambour battant, Sous haute protection, Modèle perpétuel, Magie prémonitoire, Commémoration, Philosophie, Point de vue, Fraternité,
Les belles merveilles et
Dans un magasin, in CENTRE PRESSE
du dimanche 10 juillet 2005, sous le titre Aurore nouvelle).
Enfin, les poèmes Un air si pur, Le singe blanc, Croyance et Je vais écrire un très beau poème, in CENTRE PRESSE
l'Aveyronnais dimanche
daté du 9 juillet 2006, sous le titre Un air si pur.


L ' A R T   D E   D E P L A I R E,   p o è m e s



LE DELIRE DU FANTAISISTE

                                        (A Jean-Louis Fabre)

Sous un ciel d’eau parmi les ruines abandonnées
Une cloche au grand vent se balance
Des amants enlacés dans le silence et l’oubli
Devant une mosquée devenue inutile
Semblent vivrent pour l’éternité
De jeunes religieuses portant le deuil nous proposent
Des programmes sur lesquels figurent ces quelques lignes :
La mort plutôt que l’infamie
Une nouvelle cathédrale verra le jour
Vous trouverez dans ce cadre
La dernière chance des hommes
Vivez serein

Nous nous éloignons de cette tour d’émeraude
Où gisent des animaux inactifs et perpétuels
Les battements de coeur de chaque individu
Nous demeurent indifférents car nous ne voulons plus aimer
Toutefois nous acceptons l’invitation qui nous est offerte
Pour une soirée musicale où de célèbres violonistes
A la puissance du mouvement
Interprètent un concert remarquable
Et c’est seulement à la tombée de la nuit
Tandis qu’une fille joue à la marelle avec des armes
Qu’une vieille femme à la parure légère vient à notre rencontre
Et nous demande l’heure Nous lui signifions
Que seuls les philosophes sont en mesure de répondre
Alors la vieille femme ricane puis disparaît
Nous errons dans cette cité déserte et défigurée
A la recherche des créatures de rêves En vain
Alors nous brisons les miroirs à coups de dés
Tandis que des hennissements
S’élèvent au-dessus de la ville endormie
Des chevaux de bronze surgissent des ruines
Et glissent dans le brouillard
Nous demeurons devant ce paysage figé et dévasté
De notre agonie
A hanter le passé de nos rêves sauvages.




LES BELLES MERVEILLES

Etrange histoire
De ce récit anatomique
Evoquant les doigts de pieds
Ou les poils dans les oreilles mal embouchées
Toutes ces merveilles dévoilées au grand jour
Où se moule l'homme
Dans l'ovale parfait d'une belle inconnue
Comme un ascenseur des gratte-ciel
Le mythe d'une vie exemplaire
Aux bourdonnements métaphysique
Et d'un style manifestement nouveau
Préserve ses jardins secrets
Sous l'ombrelle d'un prix littéraire.




UNE ERREUR DE PARCOURS

La vie au petit-bonheur-la-chance
Un voyage manqué
La route du mépris
Elle ou lui ?
Le mystère
Encore une chose
Promeneur du dimanche
Le crime ne paie pas

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Eric Guillot (Blanc et rouge, 2008)


LE SINGE BLANC

Le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Ses bras tendus vers les espaces aériens
Au sommet contestable
Font preuves de patience et de persévérance
Dans un monde insoucieux
Où les individus affranchis
Des principes moraux et des lois divines
Sont l'illustration de la totale perdition de l'Homme
Paroles proclamées du haut de son belvédère
Au soleil couchant
Ou s'affirme une vérité prophétique
De cette science rétrograde et gélatineuse
Aux arrière-pensées dûment entretenues
Que conditionne la morale conventionnelle
Des concepts archaïques et perméables
Devant des citoyens désabusés face aux discours politiciens
Et de perspectives aux promesses enfouies
Oublieuses d'atouts et de projets rénovateurs
Là où le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Dans un calcul savant à toute échappée d'émancipation.




POESIE DE CIRCONSTANCE

Le vent joue de la musique
Les affaires de cœur précèdent toujours les passions contrariées

Aurore nouvelle

Dans les jardins et sur les places publiques
Les statues meurent de leurs belles morts

Délicatesse de la vie.

Déjà des graminées envahissent leurs socles

De quoi demain sera-t-il fait ?
Murmure ô murmures
Les feuilles des marronniers frissonnent
De quel côté souffle le vent ?

Sentiments exacerbés

Les chimères sont les pires pièges

Le vent tourne.

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Eric Guillot, (Murmure, ô murmures
Les feuilles des marronniers frissonnent. De quel côté souffle le vent ?, 2008)



FRATERNITE OU CAVALCAMARADERIE

Buvons veux-tu mon camarade
Nous chanterons en coeur ce soir
Nous serons de peau Blancs et Noirs

Buvons veux-tu mon camarade

La terre n’est pas toujours ronde
Nous re-inventerons le monde
Buvons veux-tu mon camarade

Camarade... Camarade... Camarade ?




TAMBOUR BATTANT

Nous sommes des interprètes et auteurs
Aux licences do-dé-ca-co-pho-ni-ques
Sans nul doute d’excellents créateurs
Du dièse à ce bémol épileptique

Les musiciens battent la démesure
Le chanteur lui tient son plus mauvais rôle
Mais à chacun son rythme et sa mesure
Et la musique étouffe les paroles.




UN AIR SI PUR

Le fond de l’air est pur ce soir sur les hauteurs de Lacoste
Que de retrouvailles chaleureuses
Et du beau monde
Pour savourer les plus grands mystères de l’existence
Aux beaux effets cinématographiques
La vie au château et ses jardins secrets
Le libertinage
Le retour du divin marquis
Le cercle parfait des liaisons libertines
Ou les comtesses se lovent languissantes
Dans les salons philosophiques
Aux murs tapissés de miroirs...

Et les plaisirs délicieux d’Eugénie
Comme au bon vieux temps

Coupez !




COMMEMORATION

Une, deux, trois
Nous irons au bois
Une, deux, trois
Nous revenons du bois

Midi sonne.

On entend distinctement la Marseillaise
s’amplifier derrière le bosquet.




CASSE-NOISETTE

Mon ami Casse-Noisette
Se prend pour une vedette
Fait sa petite causette
Et de superbes courbettes
Tournent tournent les girouettes
Sous les vents et les tempêtes.




PHILOSOPHIE

Le maître a pensé
Le Maître à pensées
Le Maître à panser

La pensée du Maître
La pensée au mètre
Ou la pensée captive

etc...




POINT DE VUE

Les doigts
            pris
                 entre
   les dents
          de l’engrenage

Trop engagé...




LA VERITE SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS

Des paroles peintes plus douces que le miel

                        S’élèvent bourdonnantes

                   Comme un essaim d’abeilles

                    - On ne s’entend plus !




AU DIABLE LA RECONNAISSANCE

Désormais les dés sont jetés
Selon la diplomatie républicaine
Aux poignées dorées
Des portes ministérielles

Par ici la sortie.




THE AGE OF THE GHETTO

La ligne blanche
            de l’indifférence collective
                  aux souffrances
                     empiriques
    - Silence,
             s’il vous plaît !





DECEMBRE

Le vent souffle
Il fait froid
Il fait nuit
Tout devient fragile.




DANS UN MAGASIN                       

       (Ce qui s’est réellement passé un certain 31 janvier 19..)

Cela s’est produit de façon inattendue
Une nuée de femmes au comble du délire
Se défièrent dans une course éperdue
Aux roulements sourds des caddy qui s’envahirent
De marchandises tandis que se vidèrent
Les étalages sans la moindre exception.
Puis dans ce tohu-bohu se précipitèrent
Devant les caisses avec une agitation
Inhabituelle. C’est alors qu’une sirène
Grêla du plafond et à cet instant précis
Ces femmes avec singularité se figèrent
Comme des statues de marbres aux gestes indécis.

Ainsi je m’éveillai sur cette tragédie…




SOUS HAUTE PROTECTION

C’est l’hiver de tous les dangers

Des secrets et des désirs hantés
Qui troublent la vie de famille

Mais protège-toi donc ma fille !

La pensée d’Emmanuel Kant
Engendre de futurs amants.




CROYANCE

La nuit laisse choir son grand manteau de lune
Une brise légère effeuille des sentiments nostalgiques
Où de vieux peupliers frissonnent de concert.
Tandis qu'une femme élégante passe sur un pont dans un silence végétal
Un cervidé en rut brame au fond des bois dans une solitude effrénée.
O christs d'ébène et d'acajou
Il est des nuits semblables aux paroles étranges
Qui fredonnent les mêmes refrains en solitaire
Et s'agglutinent de prénoms féminins
A la langue complice.
Mais la nuit comme une verge décline trop vite.
Alors que la brume au matin s'étend et se consume
Une biche au grand air s'ébroue comme un encensoir
Puis disparaît subitement dans les bosquets...
Seule une traînée blanche creuse dans le ciel un large sillon
Dans la sérénité du jour retrouvé...
Après le passage d'un supersonique...

Promontoire désert.

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Eric Guillot (Renommée méditerranéenne, 2008)



LA MAGIE PREMONITOIRE

Après avoir salué son public le magicien fit pivoter le coffre noir d’un tour puis muni d’une clé de taille démesurée ouvrit simultanément les cinq faces du coffre dans lequel apparut la merveilleuse nouvelle nouvelle Eve. Ainsi une femme nue d’une exceptionnelle beauté surgit dEVAnt les yeux des spectateurs interdits avec une sin-gu-li-èrE pro-VOCATION.




MODELE PERPETUEL

             I

Jeune fille
Jeune femme
Jeune épouse
Jeune mère

Jeune ou vieille ?

           II

Fille, femme et mère
Aimèrent
Et fait mère
Et fée mère

Ephémère ?




LITTERATURE

                   I

Un homme sort de l’eau
Une femme dort sur la plage
L’homme s’allonge près de la femme
La femme se détourne de l’Improbable
Mais des vagues de rêves les emportent
Dans un naufrage de secrets

                  II

Après la confusion des genres
Le poids des mots
Installée confortablement
Dans le fauteuil de la Nostalgie
La Mémoire
Joue la réconciliation
Avec les Bons Souvenirs.




L’ETRANGER

Un voyageur
Une ville
Une gare

    ****

Un regard
Une femme
Une énigme

    ****

Une destinée
L’avenir
Les cartes

    ****

Ailleurs
La liberté
Solitaire.




JE VAIS ECRIRE UN TRES BEAU POEME

Je vais écrire un très beau poème
Qui sera vraiment dans l’air du temps
Moderne et ancien. Un poème
Villonien lu à travers les temps.
Je vais écrire un très beau poème
Qui sera vraiment dans l’air du temps
Comme le geste auguste qui sème
Des octosyllabes à tout vent
Ou pour chaque strophe un « Je t’aime »
Me donnera un air important.
Je vais écrire un très beau poème
Qui sera vraiment dans l’air du temps
Pour que l’on dise « Ah, comme il l’aime !
Il l’aime i-ne-xo-ra-ble-ment ».

Je vais écrire un très beau poème
Qui sera vraiment dans l’air du temps
Avant que dans mes bras je prenne
Ma Dulcinea que j’aime tant.




SOLITAIRE

Jouer du violon ou du banjo
Faire du bruit.
            Sans but.
Tambour
          Flûte
              Crécelle
                     Pipeau
                Tonneau renversé…
Soleil couchant.
            Ô volupté du soir.
                        Plaisir du macadam
La femme d’à côté
        Tire les cartes
Comme on joue au bilboquet.
              Atout cœur.

Adieu !




L’ETRANGE THEATRE

Dans le salon d’Héra l’élégance est de mise
Elle porte sa longue robe de la nécessité impérieuse
Pour l’occasion

Dans le salon d’Héra

Il y a une statue de bois ornée d’un sceptre
Il y a des rideaux où paressent des paons
Il y a des grenades et des pommes dans la corbeille à fruits

Dans le salon d’Héra

Il y a sur le sofa moelleux un oeil inflexible qui rôde le temps
L’indifférence est exclue
Seules une écoute et une ouverture d’esprit sont de rigueurs

Dans le salon d’Héra

Il y a un dénouement pour chaque situation
Il y a l’intelligence et la justesse des propos qui s’affirment
Il y a la ferveur et la prétention des mots qui se perdent ou s’oublient

Le buvard de la mémoire chiffonnée.


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Eric Guillot (Le jour suivant, 2008)

LE GRENIER

Une histoire incertaine
Mémoire partagée
Les souvenirs égrènent
L’histoire du passé

Abandon d’un royaume
Fatras que l’on renie
L'existence de l'homme
S'expose à l'oubli

Une vieille armoire
Debout sur trois pieds
Ouvre de grands tiroirs
En vieux châtaigniers

Objets et multitudes
Pêle-mêle entassés
Ô lieu de solitude
Rumeur du temps passé.

 


 MONDE PERDU

La modernité comme c’est déjà vieux et démodé
Demain jour férié tous les magasins seront exceptionnellement ouverts

Effervescence d'un monde en ébullition
Les gares sont devenues silencieuses

Le cours de la vie se mondialise

Désormais tu t'affranchis de bonnes résolutions
Tu savoures chaque grain de sable qui s'écoule du sablier
Tu éternises l'instant
Tu fais le tour du monde en deux heures

Tu perds ton temps

Toute considération mise à part

La notion du temps m'échappe
Le temps est un presse-papiers
Un concept du passé où se meurent les paroxysmes

Fantôme de ta destinée

Tu te promènes seul le long des quais
Et tu médites sur les fondements de la République
Tu regardes les femmes et tu les trouves belles
Tu considères le romantisme comme une émancipation de l'esprit

Au loin deux voiliers prennent le vent du large
Aux cris des mouettes

Les journaux annoncent
Les dernières mesures gouvernementales
En matière de sécurité publique

Les valeurs boursières sont en baisse
La poudre aux yeux

Moi j’écoute Berlioz en regardant la mer...

  

 

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.

vendredi, 18 janvier 2008

QUESTIONS DE PRINCIPE par Rosy et Eric GUILLOT

"Toute notre connaissance commence par les sens, passe de là, à l'entendement et s'achève dans la raison... Nous distinguerons la raison de l'entendement en la définissant comme le pouvoir des principes... Si l'entendement est le pouvoir de ramener les phénomènes à l'unité au moyen des règles, la raison est la faculté de ramener à l'unité des règles de l'entendement au moyen des principes".
(Extrait de la Critique de la raison pure - De la raison en général)
EMMANUEL KANT.
Elaboré dans un esprit ludique, QUESTIONS DE PRINCIPE, constitue à part entière, un dialogue - dans le concept même des jeux surréalistes - où chacun, à tour de rôle, pose une question par écrit, tandis que sans en connaître la teneur, le partenaire répond à celle-ci suivant la forme interrogative ("Pourquoi" ou "Qu'est-ce que"). Ainsi, les réponses formulées au hasard, (favorisées malgré tout par la connaissance que nous avons l'un de l'autre), offrent un résultat inattendu, qui, sans tenir compte de la chronologie ont contribué, à une classification par "thème". Toutefois, nous tenons à souligner quantité de ces "essais" qui partirent à la corbeille pour n'en retenir que l'essentiel et les meilleurs d'entre eux. En voici de larges extraits.
QUESTIONS DE PRINCIPE a fait l'objet d'une édition limitée, un volume de 32 p.
Prix : 6 euros. (Les auteurs).
Ce jeu surréaliste a paru sous la rubrique JEUX DE L'ESPRIT, dans le quotidien aveyronnais CENTRE PRESSE daté du dimanche 31 juillet 2005.

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(Les Poissons, 2002 - Dessin de Gaëtan Guillot).


I D E N T I T E S D E S A U T E U R S

E l l e


Nom : étoile double
Prénom : sirène des eaux lumineuses
Date de naissance : 3x2 du saumon
Lieu de naissance : équinoxe d'or
Signe particulier : lampe de fougères au regard sensuel

L u i


Nom : coquillage de minuit
Prénom : tropique du Capricorne
Date de naissance : inédite
Lieu de naissance : nuit des grands torrents
Signe particulier : arc-en-ciel


JEU SURREALISTE présenté par ROSY et ERIC GUILLOT



Elle : Pourquoi sommes-nous hantés par l’indicible ?
Lui : Il faut explorer l’inconnu et le rendre viable sans préjugés.

Lui : Pourquoi rêver au bien-être ?
Elle : Pour mieux nous abandonner.

Elle : Pourquoi perpétuer les souvenirs d’enfance ?
Lui : Pour le plaisir de dire toujours non.

Lui : Pourquoi sommes-nous complémentaires ?
Elle : Pour renaître.

Elle : Pourquoi sommes-nous libres ?
Lui : Pour mourir.

Lui : Pourquoi demeurer impalpable à la neutralité ?
Elle : Pour l’apparence.

Elle : Qu’est-ce que le désir ?
Lui : C’est une plage déserte.

Lui : Qu’est-ce que le hasard ?
Elle : C’est un bouquet de myosotis.

Elle : Qu’est-ce que la passion ?
Lui : C’est un miroir brisé.

Lui : Qu’est-ce que le merveilleux ?
Elle : C’est un cours d’eau.

Elle : Qu'est-ce que l'exaltation ?
Lui : C'est une disgrâce.

Lui : Qu'est-ce que l'émancipation ?
Elle : C'est la Voie Lactée.

Elle : Qu’est-ce que le rêve ?
Lui : C'est une pluie diluvienne.

Lui : Qu'est-ce que la féminité ?
Elle : C'est une vertu.

Elle : Qu'est-ce que l'émotion ?
Lui : C'est la solitude l'homme.

Lui : Qu'est-ce que l'énigme ?
Elle : C'est la mécanique du désir.

Elle : Qu'est-ce que la sensualité ?
Lui : C'est un changement de saison.

Lui : Qu’est-ce que le regard ?
Elle : C’est une étoile de mer.

Elle : Qu’est-ce que le plaisir ?
Lui : C’est une main courante.

Lui : Qu’est-ce que l’amour ?
Elle : C’est la rosée au petit matin.

Elle : Qu’est-ce que le bonheur ?
Lui : C’est une fenêtre qui s’ouvre sur la nuit.

Lui : Qu'est-ce que la liberté ?
Elle : C'est une étoile filante.

Elle : Qu'est-ce que le baiser ?
Lui : C'est un pigeon voyageur qui s'envole d'une volière.

Lui : Qu'est-ce que l'érotisme ?
Elle : C'est un rosier grimpant au pied d'un sapin.

Elle : Qu’est-ce que les sentiments ?
Lui : C’est une trahison.

Lui : Qu’est-ce que le couple ?
Elle : C’est un véritable ennui.

Elle : Qu’est-ce que l’étreinte ?
Lui : C’est l’apothéose d’un véritable désordre.

Lui : Qu’est-ce que la morale ?
Elle : C’est le plaisir et la volupté.

Elle : Qu’est-ce que le désordre ?
Lui : C’est la clairvoyance.

Lui : Qu’est-ce que la famille ?
Elle : C’est la pomme d’Adam.

Elle : Qu’est-ce que le devoir ?
Lui : C’est une cervelle en gélatine.

Lui : Qu’est-ce que l’utopie ?
Elle : C’est une variation de climat.

Elle : Qu’est-ce que l’imaginaire ?
Lui : C’est le mouvement diurne.

Lui : Qu’est-ce que la connaissance ?
Elle : C’est un fruit mûr.

Elle : Qu’est-ce qu’une doctrine ?
Lui : C’est une coulée de boue.

Lui : Qu’est-ce que le concept ?
Elle : C’est un sentiment de révolte.

Elle : Qu'est-ce que l'honneur ?
Lui : C'est un vieux mur recouvert de mousse.

Lui : Qu'est-ce qu'un chef-d'oeuvre ?
Elle : C'est la nausée.

Elle : Qu'est-ce que l'émotion ?
Lui : C'est la solitude de l'homme.

Lui : Qu'est-ce que l'interprétation ?
Elle : C'est un coucher de soleil.

Elle : Qu'est-ce que la solitude ?
Lui : C'est un monde illusoire.

Lui : Qu'est-ce que la religion ?
Elle : C'est une fleur de pavot dans les mains d'une petite fille.

Elle : Pourquoi se résoudre à accepter des principes établis ?
Lui : Pour éprouver l’irrésistible besoin d’une étreinte langoureuse.

Lui : Pourquoi nous enivrons-nous de toutes ces choses ?
Elle : Pour passer le temps.

Elle : Pourquoi vouloir l’impossible ?
Lui : Parce que le temps est une énigme.

Lui : Pourquoi croire ?
Elle : Pour l’idéalisme, le fanatisme et la prospérité.

Elle : Pourquoi continuer ?
Lui : A cause des dires et des paroles qui se perdent.

Lui : Pourquoi voyager à travers l’infini ?
Elle : Pour partir.

Elle : Pourquoi mentir ?
Lui : Pour revivre éternellement.

Lui : Pourquoi aimons-nous la provocation ?
Elle : Pour apparaître, disparaître et revenir…



C19 H28 02 + C18 H24 02 = XY/XX

Un arbre
UN POISSON
Deux molécules
Rien
La vie

C18 H24 02 + C19 H28 02 = XX/XY

© Copyright Eric Guillot. Lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Toute reproduction dans sa forme ou son contenu est strictement interdite, sans l'accord explicite de l'auteur.